17 juin
De la Saskatchewan, nous provient la voix de Derek, il semble en pleine forme. Il m’explique que la portion en solo se déroule bien même si les premiers temps lui ont demandé beaucoup d’adaptation. Il se dit bien heureux d’être en vélo car pour lui c’est un bon moyen de «passer ses émotions». Des émotions, il y en avait au rendez-vous lors du moment de séparation de nos deux aventuriers. Derek me confie que cette journée là , il a roulé 175 kilomètres! Le lendemain, il atteignait le Manitoba.
Le changement dans l’aventure est complet. En fait, même la météo retourne sa chemise, passant de l’hiver à la canicule. Puis, une toute nouvelle réalité du terrain : les prairies. La traversée demande un style de déplacements bien différent de celui du début du voyage. Là , il n’y a pas de petits villages à tous les 20 kilomètres. Il n’y a pas non plus de rivières et de lacs aux détours de la route, au cas où les gourdes seraient vides. Parlant détours de la route, il n’y en a pas beaucoup non plus. Le chemin est bien droit sur des centaines de kilomètres. Derek planifie donc ses déplacements en considérant tous ces facteurs.
Il me raconte que plusieurs aventures formidables lui sont arrivées dans les six derniers jours. Il rencontre de nombreuses personnes qui lui donnent un coup de main et l’encourage dans sa traversée. «Tout le monde ici est super sympathique, en six nuits dans des campings, je n’ai payé que 2 fois!» me dit-il. Avant de raccrocher, il me parle de sa rencontre de la journée d’avant avec un orage en pleine prairie. «À ma gauche, c’était le ciel bleu avec un soleil de plomb et, soudainement, j’ai vu qu’à ma droite le ciel était noir et lançait de grands éclairs. J’étais certain que le ciel allait me tomber sur la tête». Tout s’est heureusement bien terminé et Derek s’en tire avec l’habitude de surveiller le ciel et les prévisions météo. Avant de terminer notre conversation Derek m’annonce qu’à la vitesse où il va, il prévoit être en Alberta dans quelques jours.
Luc de son côté nous a donné des nouvelles. Il prend du repos bien mérité du côté de Québec. Il prend du mieux petit à petit et garde un moral d’acier.
Bonne chance Derek et Luc!



Luc et Derek,
J’adore les histoires de votre voyage, ça me rapporte de bons souvenirs de mon propre voyage l’été passé. Attention dans les Prairies! Le vent dans la figure dans les plats, c’est vraiment une des plus pires expériences imaginables. J’espère que ça va plutôt venter dans le dos ou au moins qu’ils sont calmes.
J’aime aussi voir que des citoyens te traitent bien et vous offrent un repas et un lit (ou un divan) de temps en temps. C’est les petites choses comme ça qui aident durant la traversée, et l’opportunité de prendre une bonne douche, de faire du lavage, et de dormir dans un LIT PROPRE au lieu d’une tente, c’est comme un don de dieu durant une traversée comme ça, non?
Luc, je comprends que les événements en début de Juin doivent être durs à avaler, spécialement après tellement d’effort de ton part pour planifier ce grand voyage. Je souhaite que tu puisses guérir en bon temps pour rejoindre Derek pour la dernière jambe dans l’Ouest. Tes efforts ont généré beacoup de reconnaissance et de sous pour la fondation Sur La Pointe Des Pieds! Derek, je te souhaite bonne chance en solo!
Que le vent soit à vos dos et le soleil sur vos figures,
Keith
Publié 20 juin 2009 à 10:43 ¶