1er juin,
Nous avons reçu des nouvelles de nos amoureux du vélo. Derek est au bout du fil et me parle de toutes les aventures vécues du côté sud de la frontière. Lui et Luc sont dans la ville d’Ironwood, ils prennent un moment de repos car le temps est trop venteux pour aller de l’avant. Ce dernier les obligeant à rouler tout près l’un de l’autre afin de briser le vent, et ce, en alternance à l’avant. Il n’y a pas que le vent qui rend l’aventure difficile. Le froid s’est aussi mis de la partie. Malgré le fait qu’on soit en juin, la température dépasse rarement les 10 degrés Celsius. Ce qui n’est pas du tout la normale pour ce temps de l’année. «Il fait tellement froid que les médias annonçaient hier que certains agriculteurs craignent pour leurs semis, on a même trouvé un journal titrant Winter in June (L’hiver en juin)!», me disait Derek.
Puis, on discute des vélos. À ce sujet, c’est encore Derek qui remporte la palme de la chance avec aucun bris. Luc, de son côté, a été moins choyé. En fait, depuis qu’ils ont traversé la frontière américaine, il a eu pas moins de 5 crevaisons! Les chambres à air de rechange s’enchaînant au rythme de une par jour. Après une minutieuse inspection, Luc découvrira qu’une minuscule broche s’étant accrochée à l’intérieur de son pneu crève sans pitié les pauvres petites chambres à air neuves.
Notre discussion porte ensuite sur les gens que nos deux «vélomanes» rencontrent dans leur quotidien. Il semble que les américains sont très sympathiques à leur cause. Les automobilistes (le plus souvent au volant de «pick-up» selon Derek) leurs envoient la main et les klaxonnent en signe d’encouragement. Derek me parle aussi de la discussion qu’ils ont eut lui et Luc avec l’aimable shérif de la ville de Chocolay. L’épisode de leur passage aux douanes est aussi un beau moment de rencontre avec nos voisins du Sud. «On est passé à la frontière sans problème, deux gars sur des vélos, c’est pas très menaçant. Mais, le douanier était vraiment surpris lorsqu’il nous posait ses questions de routine. Quand nous lui avons dit que nous n’avions pas de travail, pas d’enfant et pas d’obligation pour les prochains deux mois, il nous a fait passer, mais trouvait que nous menions vraiment une vie bizarre.»
Côté déplacement, les villes s’enchaînent et les gars viennent de franchir le cap des 2000 kilomètres. Ils ont, entre autres, vu les villes de Sault-Sainte-Marie, New Berry, Christmas, Marquet, Champion et Bergland. Ce soir, ils coucheront du côté du Wisconsin. Derek termine en me disant que le moral est bon et qu’ils vivent de merveilleux moments à tous les jours.


