À vélo en Ontario

Du nord de Lake George en Ontario, nous provient un appel de nos «bikers» transcanadiens. Depuis leur départ, nous étions impatients, tout comme vous sûrement, d’avoir de leurs nouvelles. C’est Luc qui me parle de leur aventure depuis le 15 mai. Il m’annonce que sur leur compteur figure déjà près de 1500 kilomètres! Pourtant, 1000 kilomètres plus tôt, il leur a bien semblé que le vent de Québec ne les laisserait jamais passer en Ontario. C’est qu’ils ont eu beaucoup de vent de face. De dures journées se sont présentées, une plus particulièrement, où à peine 70 kilomètres ont été arrachés en 8 heures. L’étape entre la ville de Québec et la frontière de l’Ontario a donc été difficile. Certains ennuis mécaniques les obligeant aussi à s’arrêter un moment du côté de Gatineau pour ajuster les vélos.

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Puis, au détour de l’Ontario, le vent a tourné. Le sens de l’air s’est alors enligné sur la volonté de nos cyclistes. «L’Ontario ça va être notre bête noire, plus vite on la passera mieux ce sera» nous disait Luc avant le départ. Ce dernier m’annonce que des journées super rapides s’y sont enchaînées. Le soir venu, les compteurs affichaient 128, 135, 137 et même 150 kilomètres! Malgré un passage très difficile dans le secteur de Matawa, que Luc me décrit comme «la grande sœur du Parc des Laurentides», nos deux aventuriers sont maintenant à 60 kilomètres du point où ils quitteront l’Ontario. Ils en sont heureux, bientôt leur bête noire sera derrière eux avec ses routes sinueuses, ses côtes et ses camions.

À quoi ressemble une journée à vélo pour traverser l’Ontario? Luc me fait alors la liste de tous les petits et grands moments du quotidien. Derrière, j’entends Derek qui appuie les dires. L’horaire donc; un lever tôt et déjà le vélo occupe une place importante. Il faut le graisser, ajuster les commandes de freins et de vitesses. Bref, il faut bichonner le bébé bicycle pour lui permettre de rouler plus de 100kilomètres la même journée. Vient alors le temps pour un déjeuner rapide et le moment du départ généralement vers 8h00.

Vers midi, halte dans une épicerie que la route a apportée. Là, ils prennent ce qu’il leur faudra pour le dîner, le souper et aussi un peu pour le lendemain. Semblerait que les pitas sont pas mal à l’honneur pour leur simplicité. C’est plat, c’est rond, c’est bon. Côté déplacement et vie d’équipe, c’est chacun à son rythme. Les gars se déplacent en gardant un œil l’un sur l’autre, mais les discussions philosophiques attendent le soir le plus souvent. Vers 19h00, la journée se termine et les garçons cherchent une halte routière, un parc public, le champ d’un accueillant agriculteur ou même l’arrière d’une haie de cèdres dans une pépinière.

Vélos

Luc me parle aussi du côté mécanique. À ce sujet, il semble qu’après l’arrêt du côté de Gatineau tout rentre dans l’ordre. Exception faite du rayon cassé par Luc hier, c’est donc 1-0 pour Derek. Rien de majeur donc du côté des vélos. Non, en fait la seule mécanique qui donne du fil à retorde, c’est le brûleur qui devrait servir pour les repas chauds du soir. «On ne sait pas ce qui ne marche pas avec le brûleur, mais ça été pour nous l’occasion de rencontrer des gens» me dit Luc. «En fait, pendant que l’on essayait de le réparer des gens nous ont entendus parler en français et ont compris notre problème. Ils nous ont alors invités à venir cuire nos spaghettis chez eux. On n’a pas résolu le problème de réchaud pour demain, mais ça fait de beaux souvenirs!»

Avant de terminer l’appel, Luc m’annonce que dans 60 kilomètres ils quitteront, l’instant de quelques jours, le Canada. Ils le feront en passant le poste frontalier de Sault Ste-Marie. Ils ont décidé de prendre cette voie pour éviter les routes isolées du nord du Lac Supérieur en Ontario. Les prochains jours seront donc une visite chez nos voisins du Sud pour mieux revenir au Canada par le Manitoba.

Que les vents soient avec vous!



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