
Samedi matin, Marie-Josée nous attendait chez elle pour le petit déjeuner. C’est un festin de roi qui nous attendait sur une magnifique table qu’elle avait préparée. C’est donc dans la joie que nous avons une fois de plus partagé le repas.
Une surprise attendait nos aventuriers pour la dernière journée au Havre. Les amis de Marie-Josée, Pierre et Mireille, nous ont généreusement accueillis sur leur catamaran le temps d’une sortie en mer. Nous sommes passés devant l’Îles du Havre où nous avions dormis les deux premières nuits et avons ensuite pris le large question d’explorer le territoire encore un peu plus loin. Le vent dans les voiles, allongés dans les filets, cette promenade s’est avéré être un savoureux moment de détente.

Pour la dernière soirée, Jeff et Héléna ont prévu une rencontre autour du feu. Comme à la mi-temps de l’expédition, tout le monde était invité à choisir un mot qui illustre son expérience vécu tout au long de l’expédition. Ce moment de partage et d’échange est précieux. La générosité de chacun nous apporte un sentiment de bien être exceptionnel et nous rempli d’énergie. Ces mots illustrent pour chacun ce que cette expérience leur a apporté. Vous ne serez pas surpris d’apprendre que j’ai choisi le mot «paradis»… Pour la beauté du paysage et la richesse des lieux certes mais surtout parce que le temps s’est arrêté, parce que j’ai rencontré des personnes exceptionnelles, parce que j’ai vécu une expérience unique et pour les nombreux petits plaisirs qui m’ont rappelé l’essentiel de la Vie. Pendant ces onze jours nous avons vécu le «moment présent», à l’abri de la réalité du quotidien. Ce petit coin de paradis, nous y retournerons tous. Dans les moments difficiles pour y puiser la force et l’inspiration et simplement pour plaisir de revoir ces beaux sourires.
Nous sommes revenus dimanche le cœur un peu serré mais surtout heureux! Malgré les distances nous formons désormais un groupe unis. Merci à tous!

C’est le moment de vous dire au revoir. Je tiens à vous remercier chaleureusement de nous avoir accompagnés tout au long de notre expédition et j’espère que vous serez des nôtres lors de la prochaine expédition…
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C’est le dernier matin de la partie expédition de notre fabuleuse épopée de huit jours en plein cœur de l’Archipel-de-Mingan et on entend les loups-marins chanter au loin. Le soleil rayonne dans le ciel et la mer est particulièrement calme. Nous entrerons au Havre paisiblement. Tout le monde est un peu au ralenti, notre corps doit sentir la fin de l’expédition… Difficile de quitter le paradis!
Les kayaks sont tous regroupés. On pagaie tranquillement pour profiter des derniers moments sur l’eau. Les couleurs exceptionnelles, le léger vent de la mer et les oiseaux tous aussi magnifiques que différents nous accompagnent. On prend une dernière petite pause sur l’Île du Havre, notre île d’accueil.

On approche de plus en plus du Havre. Ça sent la fin de l’aventure. On rassemble tous les kayaks en «radeau» et tout le monde se tient la par la main. Héléna propose de profiter des derniers moments pour se rappeler les meilleurs moments, enregistrer les paysages dans notre tête et s’imprégner de l’aventure que nous venons de vivre. Tout le monde applaudi, nous sommes heureux et remplis de cette expérience unique. Tous ensembles nous avons relevé le défi de cette grande virée de huit jours en autonomie complète et tout ça avec le sourire! Bravo la gang, vous êtes des héros et vous avez désormais tous une place dans mon cœur.
On passe le quai du Havre, ça y est, on donne nos derniers coups de pagaie. Sylvie et quelques employés de l’hôpital sont là pour nous accueillir. Ils nous félicitent. Ils connaissent l’ampleur de ce que nous venons d’accomplir. La frénésie nous envahie tous. Avant de tout rapporter chez Agaguk, on se fait un dernier petit cri de ralliement!

Après une bonne douche bien méritée, on retourne à l’auberge où nous passerons les deux prochaines nuits. On fait sécher se qui est mouillé, c’est-à-dire, à peu près tout. Éric nous a préparé un succulent couscous que nous dégustons tous ensemble, attablés à la table de l’auberge, où il y a de cela huit jours nous avons pris notre petit déjeuner avant le départ pour l’expédition.

On sort enfin la guitare. Tout le monde chante avec Jeff sur le bord de l’eau. Les deux prochains jours serviront de moment de «décompressions» avant le retour à la réalité. On se prépare à se séparer mais nous profiterons de chaque secondes.
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Pendant ces huit jours d’expédition, on aura tout vu : la pluie et le beau temps, marré haute et marré basse, vent d’est et vent d’ouest! Aujourd’hui, c’est un vent dans le dos qui nous poussera jusqu’à notre dernier campement. Ça tombe particulièrement bien puisqu’on commence à rebrousser chemin, la partie expédition de notre aventure tire à sa fin et nous avons une longue distance à parcourir, presque vingt kilomètres. Sans refaire le trajet inverse des derniers jours, nous allons quand même passer devant toutes les îles sur lesquelles nous avons dormis pour enfin nous rendre à la Pointe aux morts, de retour sur la terre ferme.
C’est une expérience extraordinaire de se laisser pousser par le vent. En pagayant nous avançons à tout allure, la sensation fantastique. C’est le cas de le dire, on flotte! Tout le monde est à l’aise malgré la grosseur des vagues. Pour vous donner une petite idée, il nous arrive de perdre de vu le kayak devant nous l’espace d’un moment, le temps qu’il remonte sur la prochaine vague. Les kayaks tandem permettent de naviguer dans de telles conditions et les jeunes en profitent. Ils ont chanté tous les jours mais aujourd’hui il y a une énergie particulière, le vent de la mer probablement!

Arrivés à bon port tout le monde s’affaire. C’est devenu une routine, le campement est monté à la vitesse de l’éclair, plus besoin de rien dire à personne, ou à peu près! On mange les meilleurs hot-dogs et hamburgers du monde, autant que vous le sachiez, tout est toujours meilleur en plein air. Le vent est tombé et nous laisse passer une dernière belle soirée autour du feu. Sans que personne en ait parlé, tout le monde sait que c’est la dernière soirée en vase clos, coupés de la civilisation. Un brin de nostalgie nous envahie tous mais je crois aussi que tout le monde sait que ces souvenirs seront gravés dans notre mémoire pour toujours.
Aujourd’hui s’était une superbe journée. Comme notre belle Alex-Ann nous le fait remarquer «c’était comme à la Ronde dans les montagnes-russes sans les files d’attente».

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Aujourd’hui c’est le matin le plus frais de l’expédition. Le vent s’est levé pendant la nuit et il persiste. On se lève le nez dans le vent mais nous sommes tous confortables et au chaud dans nos doudounes. Comble du bonheur, Éric a fait une petite attisée et il nous invite à nous réchauffer dans le refuge. Même les petits matins frais sont agréables en expédition!

Tout le monde est particulièrement excité ce matin. Comme d’habitude on prépare les fruits et les breuvages chauds mais aujourd’hui on gonfle des ballons et nous avons le cœur à la Fête. C’est une journée spéciale, nous allons célébrer l’anniversaire de Nathan; Seize ans sur Îles Mingan. Timide de nature, il semble un peu gêné lorsqu’il ouvre la porte et qu’il entend les nouveaux amis chanter «Happy Birthday to you». Son sourire ne ment pas… Je pense qu’il se souviendra du premier jour de ses seize ans.

Pendant ce temps, le vent fait toujours rage. Jacynthe et Éric écoutent la météo maritime. Nous allons attendre un peu pour voir si le vent veut bien se calmer. Nous n’avons pas une grande distance à parcourir mais la sécurité est notre priorité! Comme le dit si bien Alex-Ann, «Nous n’avions qu’à pointer les kayaks vers la mer pour que le vent se calme». La mer nous offre une ouverture et la distance à parcourir n’est pas très grande, nous décampons et mettons le cap sur la Grande Île. Nous avons atteint le campement dans un temps record. Tout le monde se réchauffe autour du feu que Rino a allumé avant notre arrivée. Aujourd’hui l’esprit du groupe était à la fête. Héléna et Jeff avaient prévu les bougies et le gâteau d’anniversaire. Encore une fois nous allons tous bien dormir, forts du sentiment de la mission accomplie.

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Bien que le parcours prévu pour aujourd’hui ne soit pas très long, d’un commun accord, il est décidé que nous passerons une autre nuit sur l’île Quarry. Après les deux dernières journées de traversées, un moment de repos, de détente et de séchage est bienvenue. Les vents dominants nous ferons prisonniers de l’Île Quarry et ça sent la journée de Loup-Garou!

Tout le monde semble bien content. Cette journée s’est déroulée au ralenti. Pendant que certains ont profité du soleil et d’une petite cascade pour aller faire un brin de toilette, d’autre ont joué avec les cerfs-volants ou encore ont fabriqué des colliers. Avant le dîner, Marie-Josée a dirigé une petite séance de yoga, une activité très appréciée de tous. C’est magnifique de les voir exécuter les mouvements, tous concentrés, sur la galerie qui fait face à la mer. Je dirais même que c’est magique. Vous comprendrez donc que nous avons été très occupés toute la journée mais que nous n’avons pas bougé beaucoup.

Pour clôturer, Héléna et Jeff proposent une soirée autour du feu où ils nous invitent tous à nous exprimer sur l’expérience que nous sommes en train de vivre, ce qui nous a amené ici, ce qu’on aime jusqu’à maintenant et ce qu’on souhaite pour les jours à venir… Ce moment est intime, il appartient au groupe. C’est un moment fort de l’expédition et nous allons tous nous endormir remplis de ce petit quelque chose que nous sommes venus chercher ici. C’est un groupe formidable et l’esprit d’équipe est très fort. Je vous dis souvent qu’ici c’est le paradis et j’aimerais aujourd’hui vous présenter les seize anges qui y vivent l’espace d’un moment.
Les filles, elles forment un joyeux trio. Anne-So pour les intimes est un peu coquine, tranquille elle écoute attentivement et lance quelques petits commentaires de temps en temps. Son rire est contagieux et son sourire radieux! Sara, spontanée et un peu naïve nous rappelle souvent, simplement par son attitude, que l’important c’est le moment présent. Alex-Ann, rassembleuse et dynamique, c’est souvent elle qui initie les chansons la pagaie dans les airs!
Les gars : Paul, notre comédien et animateur de Loup-Garou a une imagination débordante. Brendan a un bel humour. Plutôt sensible et à l’écoute des autres, il aime discuter autant avec les gars que les filles. Nathan un peu timide mais toujours prêt à pagayer, à rire et à s’amuser est entrain de se révéler. Et enfin Julien, notre artiste, il adore dessiner et sera probablement un futur architecte ou encore un bédéiste!

Les guides d’Agaguk : Éric et Jacynthe sur l’eau pendant que Rino assure notre sécurité en coulisse. Professionnels, cuistots et interprètes de la nature, chacun de ces joyeux lurons contribuent à donner la couleur particulière à notre expédition et surtout nous permettent de naviguer l’esprit en paix.
L’équipe médicale : Kim, Christine et Marie-Josée veillent à la santé physique et sociale du groupe et font partie du groupe à part entière.
L’équipe Pointe des pieds : Héléna et Jeff, mes collègues dont je suis tellement fière. Ils sont tout simplement magnifiques et merveilleux à voir aller. Leur professionnalisme m’impressionne grandement. C’est un plaisir de travailler avec eux au bureau et un privilège de les accompagner en expédition.

Et moi qui bien humblement espère arriver à vous transmettre l’ambiance de ce merveilleux périple. Nous formons désormais un groupe unis : la gang de Mingan 2008 de la Fondation Sur la pointe des pieds. Cette expérience et ces rencontres nous accompagneront tout au long de notre vie.
On est tous dans le même bateau, même en kayak de mer!
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Brendan semble avoir été satisfait de son expérience sous la pluie d’hier. Aujourd’hui on se réveille sous un soleil radieux. Les plus matinales ont même pu assister au levé du soleil et à une petite <partie de pêche> des sternes. C’est impressionnant de les voir plonger tête première dans l’eau et ressortir avec un poisson dans le bec.
Aujourd’hui ce sera une autre belle et grosse journée. Deux traversées sont prévues mais les aventuriers de la Pointe des pieds ont bien dormis, ils sont fins prêts! Comme hier, une fois réveillés, on démonte le campement, on prend le petit déjeuner et on se prépare à embarquer sur l’eau le plus tôt possible. La petite routine est déjà bien installée, les tentes se démontent en un temps trois mouvements. Plus besoin de leur dire à personne qu’est-ce qu’il a à faire; De vrais aventuriers!

Nous naviguons sur une mer relativement calme. Nous nous éloignons de plus en plus de la civilisation et les paysages sont de plus en plus féériques. Ça fait longtemps que je ne vous l’ai pas dit, c’est vraiment le paradis! Les Sternes, les Petits pingouins et les Bécasseaux viennent nous saluer au passage et les monolithes sont toujours de plus en plus beaux et étonnants. On a l’impression de naviguer à travers une cathédrale naturelle. Les jeunes et les moins jeunes apprécient le paysage. Nous yeux ne sont pas assez grands pour tout voir.

Après plusieurs dizaines de coups de pagaies, nous nous préparons pour notre première traversée de la journée. Avant, on enfile notre coupe vent, nos mitaines et une petite barre tendre… pour ne pas manquer d’énergie. La traversé s’est faite rapidement malgré un léger vent de côté. C’est la marré montante qui nous a donné un petit coup de main. On prend une petite pause sur l’Île Niapiskau mais tous ensemble nous nous mettons d’accord pour entreprendre la deuxième traversée avant le dîner. Nous pourrons ainsi nous rendre au campement de ce soir sur l’Île Quarry et profiter du reste de l’après-midi, peut-être même traverser l’île en empruntant le sentier aménagé pour voir les monolithes sur la rive sud. Le cœur chantant, nous avons vite atteint l’île. Éric félicite le groupe, nous avions un beau rythme qui nous a permis une progression constante. Bravo à tous!

On installe le campement, on se met au sec et on se rejoint sous l’abri pour un autre de ces dîners joyeux et délicieux. Une petite heure de repos bien mérité est accordée à tout le monde, après, nous irons voir ce qui se passe de l’autre côté de l’île en empruntant le sentir qui passe par le centre. Avant de partir pour cette petite excursion, Marie-Josée initie les aventuriers aux biens faits du Yoga… Dès demain matin nous répéterons l’exercice!

Sur le sentier, Jacynthe nous révèle quelques uns des secrets de l’île, des végétaux et des minéraux. Les monolithes sont tous aussi impressionnants les uns que les autres. Réunis autour de la table, nous avons l’honneur de déguster la sauce à spaghetti d’Éric, recette familiale, croûtons au beurre à l’ail et fromage. Qu’est-ce qu’on pourrait demander de plus?
Est-ce que je vous ai dit que c’est le paradis?
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Hier, pour s’assurer de ne pas se déshydrater tout le monde a joué à <Moi je bois de l’eau et toi?> résultat, nous nous sommes tous levés au moins une fois dans la nuit pour faire pipi! Tel que souhaité par Brendan, il avait plu dans le courant de la nuit et au réveil il y avait une légère bruine. Aventurier et curieux de nature, Brendan voulait expérimenter une journée de kayak sous la pluie. Tant qu’à être ici. Son souhait s’est exaucé! Ceci dit, ce n’est surtout pas le genre de chose qui allait atteindre le moral du groupe! Au contraire, tel que demandé par Éric et Jacynthe, nous nous sommes levé tôt, pris notre petit déjeuner rapidement et démonté le campement avec une efficacité exemplaire. L’objectif étant d’être sur l’eau le plus tôt possible, une grosse journée nous attendait.

Nous avons pris le large sous un ciel couvert toujours avec ce superbe sourire et cette volonté inébranlable d’aller voir un peu plus loin. Aujourd’hui, tout ce qui arrive est de la faute de Brendan, même le soleil qui revient et les nuages qui se dissipent! Le temps de faire le tour de l’Île du Havre, au détour de la pointe, un vent d’ouest nous attendait. Il fera face, il faudra donc redoubler d’effort pour s’assurer de toujours avancer et surtout de ne pas reculer, il faudra pagayer sans arrêt. Le retour du soleil est apprécié pour cette première grande traversée. C’est un moment de défi pour tous. La première fois depuis le début de l’expédition que le vent s’en mêle et qu’il nous invite à nous dépasser.

Vous auriez dû les entendre chanter à tue-tête la reprise maison du célèbre succès du temps des Fêtes, rebaptisé pour l’occasion, <Vive le vent, vive le vent, vive le vent de la mer!>. Désormais inscrit dans la précieuse collection de souvenirs de la Fondation, cet air joyeux aura su nous énergiser. Bien sur il y a eu quelques découragements, autant chez les adultes que chez les jeunes mais vous imaginez certainement la fierté qui nous a envahie une fois rendus à bon port? Nos guides, Jacynthe et Éric nous félicitent. Le vent était fort et constant. Bravo la gang!
En après-midi, pendant que quelques uns se sont assouplis au soleil, le nez dans le vent, Jeff et Héléna proposent une première partie de Loup-Garou. Surpris par une petite averse, la partie s’est terminée seulement au moment du souper. Avant le repas, question d’aiguiser notre appétit et d’admirer le coucher du soleil, le groupe est allé marcher au bout de la pointe de l’île.
Brendan avait raison, c’est agréable aussi les journées de kayak de mer sous la pluie. Nous avons eu une grosse et belle journée. Nous sommes fiers, petits et grands, d’avoir accomplis cette journée, nous allons bien dormir.

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Je sais, je l’ai déjà écris mais je vous assure, c’est vraiment le paradis. Après une journée bien remplie, il était convenu qu’on laissait dormir le groupe. On se refait des forces avant d’avancer plus loin dans les îles. Tout le monde se réveille en douceur, prend son petit déjeuner et profite de ce moment libre pour scruter le territoire. On est tous en train de prendre le rythme d’expédition, le temps n’est plus le même, le temps n’existe plus.
Jeff et Héléna nous réunissent sur la plage le temps de donner quelques informations sur le déroulement des prochains jours et de prendre le pouls du groupe. Nous nous apprêtons à vivre une aventure extraordinaire de huit jours en kayak de mer, en autonomie complète, ce n’est pas rien. Ensemble nous allons relever le défi c’est certain. Nous formons déjà un groupe très unis et cette aventure ne fera que renforcer les liens. L’énergie est forte et la détermination est palpable!

Qui a dit que l’eau était froide à Mingan? Vous ne me croirez pas! Ce matin, après le petit déjeuner, nous avons enfilé nos maillots de bain et nous nous sommes baignés. Nous avons même pris le temps de jouer dans l’eau. Sincèrement, à part la température de l’eau, c’est à croire que nous sommes en vacances au Club Med. Mais rassurez-vous, après le dîner, une sortie en kayak de mer est prévue. Éric et Jacynthe confirme, on ne se baigne pas souvent à Mingan… Mais les aventuriers de la Pointe des pieds sont très fiers de l’avoir fait!
Pendant que le dîner se prépare, certains cherchent le plus beau coquillage, d’autres vont prendre une petite marche sur les berges, quelques uns préfèrent simplement admirer le paysage pendant que Paul dessine dans le carnet de bord de l’expédition.
Après notre copieux dîner nous partons pour notre excursion quotidienne. Nous naviguons sur une mer d’huile. Pour cette première vraie journée de kayak, nous avons vu pas mal de choses : sternes, goélands marins, guillemots à miroir, oursins, étoiles de mer, algues de toutes sortes et j’en passe. Les petits et les grands sont tous émerveillées par la richesse de la nature. C’est magnifique. En fait, c’est tellement beau que j’arrive difficilement à me contenter du mot magnifique!

Et en plus, de voir ces jeunes évoluer dans ce décor, c’est merveilleux! Les couleurs, les odeurs et le bonheur nous rappellent, Bonne Fête Bertrand, on pense à toi! Pour ceux qui ne le connaissent pas, Bertrand a souvent fêté son anniversaire pendant une expédition de la Fondation Sur la pointe des pieds où il agissait en tant que psychoéducateur et il est un membre de cette grande famille.
Ce soir, on prend le repas en anglais. On s’amuse autant vous savez! Ceci dit, je vous assure qu’on ne perdra pas de poids pendant notre séjour! Demain nous quittons notre petit nid pour aller sur l’île XXX dans un autre secteur de l’archipel. Ce sera une grosse journée. Ce soir on se couche tôt.

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La deuxième journée fut belle, magnifique et fort bien remplie. En effet, dès le petit matin, le soleil s’est pointé le nez et nous a accompagné jusqu’à la fin de la journée. Aujourd’hui, c’est le grand départ pour l’expédition en kayak de mer et c’est le moment où Éric et Jacynthe, guides d’Expédition Agaguk, viennent nous rejoindre. Ils arrivent, tout sourire, et cuisinent une de ces délicieuses omelettes que l’on déguste tous ensemble.

C’est paradisiaque! Tantôt en groupe, tantôt en solitaire, ils contemplent le paysage, jouent avec Rosy (le chien de l’Auberge) et rêvassent sur les roches. Après une première séance de crème solaire, tout le monde ramasse ses pénates et on se diriger vers le quartier général d’Expédition Agaguk d’où nous partirons.
La journée est jeune et plusieurs étapes nous séparent encore du grand départ. Pour que le voyage soit agréable et que tous apprécient la navigation en kayak de mer, il est important de porter une attention particulière à quelques détails techniques; Particulièrement, le choix de nos effets personnels et la répartition de ceux-ci dans notre sac de jour et notre sac de soir. Ça semble simple mais croyez-moi, ce n’est pas de la tarte!

Le kayak de mer est une embarcation merveilleuse qui nous offre une sensation unique sur l’eau mais il a aussi ses limites, spécialement la grandeur des caissons étanches. Jean-François, communément appelé Jeff, nous offre donc une démonstration animée sur l’habillement et les bagages de l’aventurier en plein air. L’objectif étant de profiter de ce merveilleux paysage dans un confort maximum, qui dépend entre autres de notre capacité à demeurer au sec le plus longtemps possible! Tout est calculé, tout est planifié pour faire en sorte que ce soit relativement facile. Une fois que chacun a rassemblé ses affaires, avant la mise en sacs, Héléna et Jeff font la tournée pour s’assurer que tout y est mais surtout pour qu’il n’y ait rien de trop… Heureusement!
Les bagages sont terminés mais il reste encore beaucoup à faire. Avant de poursuivre, une généreuse salade de crevette fraîche nous attend pour le dîner.
C’est maintenant au tour d’Éric et de Jacinthe d’informer nos aventuriers de l’itinéraire de notre première journée. Tout le monde écoute religieusement, pose quelques questions et semble impatient d’être sur l’eau! Une fois la combinaison isothermique enfilée, le moment est venu de passer à l’étape cruciale qui consiste à TOUT mettre dans les caissons étanches. Les moindres petits racoins sont utilisés.

La journée n’est pas finie. Avant le départ, Éric et Jacinthe nous font une présentation des rudiments du kayak de mer et on embarque enfin sur l’eau direction île du Havre. C’est magnifique des les voir, de vrais aventuriers. Une fois arrivés à terre, il faut monter les tentes et s’installer pour la nuit. Comme des petites fourmis, ils passent à l’action et en plus avec le sourire.
Quelle belle journée! Quelle belle journée bien remplie! Beaucoup d’apprentissages, beaucoup de nouvelles choses. Tout le monde va bien dormir. Demain nous prendrons la mer et nous explorerons ce merveilleux paysage.

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Tout le monde est au rendez-vous! Sept magnifiques jeunes, leur plus beau sourire et le soleil. C’est la première journée, c’est le moment des premiers échanges. On dit au revoir à la famille, les derniers bisous et oups, nous sommes prêts tel que prévu pour l’embarquement qui se fait à 14 h. Un peu nerveux mais surtout excité, nous profitions de ces moments d’attentes et de déplacements pour faire connaissance. Question d’immortaliser le vol AC8716, qui sera le baptême de l’air de Julien, on se pose à Québec l’instant de débarquer quelques passagers. C’est deux pour un pour tout le monde! Dans quelques heures, après deux décollages, deux atterrissages et quelques centaines de kilomètres en autobus, nous serons sur le bord du fleuve.

Aussitôt atterris à Sept-Îles, le temps de mettre les bagages dans l’autobus, nous prenons la route en direction de Havre Saint-Pierre où nous rejoindrons les guides d’Expédition Agaguk et Marie-Josée. Ça sent déjà le bonheur! Ça fait déjà quelques heures que nous sommes partis mais c’est la première fois que nous sommes entres nous et nous sommes enfin arrivés sur la Côté Nord. « C’est le début de l’expé » nous rappelle Héléna! C’est vrai, c’est le début, mais c’est à croire qu’ils se connaissent depuis toujours. Sur une magnifique route qui nous offre quelques avant goût du paysage de la Côte-Nord, ils placotent et ils rient. Les liens sont déjà en train de se créer. Selon les prévisions de Jeff et Héléna, nous aurons une expédition mémorable… Encore une fois.

Nous passerons la première nuit à l’Auberge de la Minganie à Havre Saint-Pierre. Un ancien camp de pêche à l’embouchure de la rivière Romaine où trois petites cabanes pittoresques nous abriterons pour la nuit; Les gars dans la première, les filles dans la deuxième et les adultes… dans la dernière. Avant de dormir, quelques jeux pour se dégourdir et apprendre les noms de tout le monde. Et enfin, Jeff nous fait une démonstration d’utilisation d’un sac de couchage. Demain nous nous réveillerons dans ce décor fantastique, nous apprivoiserons le kayak de mer et nous voguerons jusqu’à la Grosse île où nous dormirons! Demain ce sera le grand départ pour l’aventure!

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Vous le savez, la Fondation Sur la pointe des pieds s’apprête à partir en expédition du 14 au 24 août prochains et nous sommes heureux de partager avec vous ces moments privilégiés, ces sourires qui valent mille mots et ces paysages fantastiques!
Pour sa deuxième expédition estivale, la Fondation propose donc une destination exceptionnelle aux sept jeunes atteints de cancer qui ont accepté de relever le défi. En effet, pendant ces onze jours, nous parcourrons l’unique paysage de l’Archipel-de-Mingan à bord de kayaks de mer. C’est au rythme des marées que nous voguerons à la découverte de la faune et la flore de ce merveilleux coin de pays. Nous naviguerons à travers les monolithes, témoins de plus de 500 millions d’histoire.
Vous serez les témoins et complices privilégiés de cette expédition qui attend nos jeunes aventuriers. L’expédition est organisée par la Fondation Sur la pointe des pieds, en partenariat avec la compagnie Expédition Agaguk.

La Côte-Nord
Bordée sur toute sa longueur par le majestueux fleuve Saint-Laurent, la Côte-Nord est un véritable paradis de nature pour l’aventurier à la recherche de paysages spectaculaires. Ici, tout est dans la démesure. D’immenses territoires couverts de forêt boréale, découpés par des rivières colossales qui terminent leur parcours dans le Saint-Laurent.
Cette région du Québec est une terre d’accueil pour ceux et celles dont les yeux sont toujours à la recherche de quelque chose à se mettre sous la dent! C’est dans cet univers de nature riche et diversifiée que nous nous déplacerons tous les jours. C’est plus précisément entre l’Île d’Anticosti et la côte de Havre-Saint-Pierre que se trouve notre destination : l’Archipel-de-Mingan.

L’Archipel-de-Mingan
Véritables témoins des temps anciens, les îles de l’Archipel-de-Mingan sont nombreuses et extraordinaires. Chacune possède son histoire propre et abrite une faune et une flore diversifiées. L’origine des îles s’inscrit dans la préhistoire, bien avant l’apparition des premiers dinosaures! Les roches qui les composent seraient vieilles de quelques 500 millions d’années. L’histoire des lieux est passionnante et tu auras la chance de la découvrir tout au long de ton parcours. Le mot Mingan est, quant à lui, un mot d’origine basque. Il signifie pointe de sable. Ce mot évoquait probablement la pointe de sable tout près des îles où se trouve aujourd’hui le village de Longue-Pointe.
Toutefois, ces îles ne sont pas que le paradis de la roche et du sable. Au contraire, dans ce décor insolite, la vie abonde. Ce milieu abrite plus de 450 espèces de plantes aux couleurs et formes diverses, dont une centaine se sont vues accordées le statut de plantes «rares et d’intérêt».
Côté faune, c’est tout aussi impressionnant. Les îles se distinguent par la présence d’oiseaux marins rassemblés en bandes, ainsi que par la présence de phoques, de baleines et même de dauphins! Qui sait, peut-être aurons-nous la chance d’admirer au large un rorqual bleu, le plus gros de tous les mammifères? On peut aussi espérer voir les acrobaties du rorqual à bosse ou peut-être même voir un attroupement de Macareux moine. Bref, beaucoup de choses à voir, à apprendre et à vivre!

L’expédition en kayak de mer
Moyen par excellence pour parcourir les vastes étendues d’eau sans en déranger toute la tranquillité, le kayak de mer est une activité facile à apprendre. Tout au cours de l’expédition, tu auras la chance de te familiariser avec ce sport merveilleux. Nous découvrirons tous les jours de nouveaux «petits coins de paradis» qui ne sont accessibles que de cette façon. C’est ainsi que nous pourrons faire la visite de monolithes, de sites fossilifères et, peut-être, observer non loin de nous ceux que l’on appelle les gardiens de l’archipel, les loups-marins.
L’expédition sera sans doute l’occasion d’être les témoins privilégiés d’une nature splendide. Ce sera aussi un moment particulier où tu auras la chance d’être en contact avec des jeunes plein de vie. Au cours de ce voyage, tu forgeras de nombreux liens et, tous les jours, nous œuvrerons à la création d’une équipe solide, prête à faire face à tous les défis!
Je t’invite donc dès maintenant à rêver à tout ce qui t’attend; l’immensité du fleuve, la faune, le kayak, les îles et surtout, d’autres jeunes qui, comme toi, viennent vivre une aventure hors de l’ordinaire parce qu’ils sont extraordinaires.
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Invitation spéciale!!! Le site de la Fondation vient de faire «peau neuve» : www.pointedespieds.com

La journée s’annonce festive. Ballons et banderoles ornent la salle à manger du pavillon principal du Domaine de la rivière Mistassini. Certes, ce 10 juillet marque la dernière journée d’activités de notre expé. Mais surtout, ce 10 juillet marque un passage important : Catherine G. célèbre son dix-huitième anniversaire. Au matin, le groupe se sera donc attablé rapidement. Avant elle. Poumons gonflés à bloc. La voici. Ça chante. Haut et fort. Elle ne s’y attendait pas. Elle radie. Elle s’assoie et trône du bout de la grande table. Entourée de ballons. Et de nouveaux amis. Une odeur d’amitié franche se mêle aux tranches de miche grillée.

C’est la journée du zoo. On embarque dans l’autobus, direction St-Félicien. Passage obligé mais surtout divertissant et agréable, nous assistons à un spectacle multi-sensoriel en salle avant notre visite. La boréalie nous est présentée et expliquée. Nous la vivons même. La neige nous tombe dessus, les serpents nous mordillent les mollets. Ça crie encore plus fort que dans le Rapide du céleri (qui goûte le 7-up). On part ensuite en train. Encagés, nous observons un cerf fringuant, un bison broutant, un orignal original, un ours bien léché, des chiens de prairies. Les heures filent, il est déjà temps de revenir.

Avant le souper, on finalise les bagages. Cath G. y recevra carte de souhaits et collier. Puis la guerre éclate. Céline n’aurait peut-être pas dû servir de la crème fouettée avec le gâteau d’anniversaire… Et comme le veut la tradition, cette dernière soirée un cercle de fermeture. Chaque participant, jeunes et adultes, doivent trouver un mot qui décrit la semaine. Force. Bénédiction. Famille. Test. Défi. Diversité. Pagaie. Vivre. Excitation. Spontanéité. Confort. Étonnement. Honneur. Bonheur. Privilège. Beauté. Entraide. Optimisme. Émerveillement. Sérénité. Confiance. Amour. Les joues sont humides. Les yeux pétillants. Les cœurs fébriles. Les bras enlacés. Ils sont 9. Ils ne font plus qu’un. D’abord unis par un fléau, dorénavant unis par l’aventure thérapeutique. Pour le reste de la vie. Merci Mario. Merci Héléna, JF, Bertrand, Martin, Karine. Merci Alain, Alain, Céline. Et surtout, un NÉNORME MERCI à vous les jeunes. Vous m’aurez fait passer l’une des plus belles semaines de ma vie. Cette aventure fut thérapeutique à plus d’un égard.


Le lever tardif est marqué de JF qui entonne quelques vers appropriés. « So make the best of this test and don’t ask why. It’s not a question but a lesson learned in time. It’s something unpredictable, but in the end it’s right, I hope you have the time of your life”. La nuitée dans la chaleur du chalet semble avoir été salvatrice. Les jeunes sont tous frais.
Adam est heureux. Il peut enfin porter des jeans. Marie-Claude a gagné le concours de piqûres. Cinquante-trois dans le dos et vingt-cinq sur la main droite seulement. Les autres ont abdiqué après ce seul décompte. La pauvre est allée au bout de ses convictions : elle a refusé systématiquement d’appliquer de la lotion anti-moustique. Je pensais d’avoir au moins remporté ce concours. Je n’en avais mis qu’une seule fois, ce qui est deux fois moins que JF, mon plus proche rival. Mais non, MC aura battu JC à plate piqûre.

La journée se déroulera sous le signe de la détente et du séchage. TOUT est détrempé, fruit de notre dernière journée en rivière. Tentes, manteaux, sacs de couchage, matelas de sol et autres quincailleries d’expé pendouillent un peu partout. Certains jeunes aussi d’ailleurs. Et ils le méritent bien. On écrit dans le journal de bord du groupe, on signe des autographes sur les chandails de l’expé, on fignole de nouveaux colliers, on gratte piqûres et guitare, on baigne dans le spa, on nage en plein bonheur.

Après avoir digéré la meilleure lasagne au nord de St-Léonard, des rires et des cris émanent de la rivière embrumée. Les jeunes, bien calés dans leur veste de flottaison, se laissent dériver au gré du courant. La soirée se terminera par une présentation des photos de l’expé. Quelle belle rivière que cette Mistassini! Quels beaux jeunes que ces néo-Mistassins!
Vous pouvez voir les photos de l’expédition Mistassini 2008 ainsi que toutes les photos de la Fondation Sur la pointe des pieds à l’adresse suivante :
http://www.flickr.com/photos/pointedespieds

C’était pourtant un matin comme les autres. Mario n’avait pas pris de poisson. Ou seulement un petit. Et en avait échappé un plus gros. L’aurore partiellement bleutée. Odeur de bacon. Chant des oiseaux. Sourires amicaux. Complices. Le ciel devait être triste de voir notre expé lentement s’approcher de la fin. Il s’est mis à pleurer à chaudes larmes alors que nous prenions le déjeuner. D’abord quelques sanglots. Puis des pleurs soutenus. Puis la crise. Il pleut des cordes, des chats et des chiens. Les tentes seront empaquetées détrempées. Les jeunes aussi. Enfin, peut-être pas empaquetés mais du moins détrempés.
Il pleut. Les canots se remplissent au fur et à mesure que nous progressons. Il nous faut écoper régulièrement. Il pleut. La constance de la pluie qui tombe n’a d’égal que la persistance de la rivière qui s’écoule. Il pleut. Elle s’écoule. On écope.
On progresse à bon train. Nous arrivons à notre station du midi en peu de temps. Le moral y est mais techniquement nous sommes en piteux état. On monte une bâche, on fait un feu. Les jeunes ont parcouru 14km sous une pluie diluvienne sans jamais broncher. Contre toute attente, ils décrètent un « High moment ». La seconde patate sera déterrée. Déchiquetée. Elle explose. Il pleut des Kit-kat, des Coffee Crisp et des Mars. Les jeunes ont des étoiles dans les yeux. Gonflés à bloc, ils souhaitent parcourir les 19 km restant dans l’après-midi. Les guides se concertent. Une décision est prise. Nous pousserons.

Il pleut. D’une pluie dégoûtante. On croise un bouleau dont le diamètre fait plus de 7 mètres. Il ne bronche pas. C’est qu’il a du en voir passer des canots en 400 ans d’existence. La pluie augmente, les jeunes crient de joie. Ils sont tenaces. Ils ont livré de plus durs combats. Il ne reste plus que 2 kilomètres. Héléna demande un rassemblement de canots. La dernière section sera parcourue en silence. Méditation nomade. Attente expectative.
Il pleut. Et surgit au loin le Domaine. Les cris fusent. Les pagaies relèvent. Plus que quelques embardées. Nous y sommes. Ils ont relevé leur défi. Ils sont neuf. Neuf nomades mistassins accomplis. Dotés d’une énergie déconcertante. Le ciel se décharge et nous faisons de même. Les chalets chauffés nous attendent. On y trouve Céline, confort et réconfort.
Au repas, les discussions fusent. L’équipe de guides se plaît à remarquer à quel point celui-ci est animé. Bien qu’il se déroule exactement au même endroit que le tout premier, ce souper s’avère à mille lieux du premier. En soirée, Corry dansera la salsa avec Céline. Trois fois plutôt qu’une. Il est vrai qu’il a une gueule de playboy notre Corry…

Vous pouvez voir les photos de l’expédition Mistassini 2008 ainsi que toutes les photos de la Fondation Sur la pointe des pieds à l’adresse suivante :
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Pour la deuxième fois du voyage, nous avons connu une journée dépourvue de pluie. La journée précédente (dimanche le 6) s’était avérée la journée parfaite : fruits frais, plage, courte distance, constant ciel bleu, température oscillant autour de 30 C, brise rafraîchissante. Brise rafraîchissante. Y’a pas un push-push de toilette qui porte cette odeur?
Ce lundi démarre sur une bonne note. Les oiseaux chantent. Et tout comme une bouteille de rince-bouche Listerine à saveur d’agrumes, un léger vent chasse les bibittes du matin. Le soleil brille et Alain nous sert des crêpes. La table était donc mise pour notre journée la plus longue jusqu’à maintenant : 17 kilomètres, dont 5 dans les méandres, en ces endroits où le débit est tellement faible que la rivière semble dépitée. Le repas du midi sera pris relativement tôt. À la sortie de la section des méandres, les jeunes ont faim. Mais la distance qu’il reste à parcourir demeure considérable. On pose donc un choix stratégique. Nous attachons les bateaux ensemble et nous laissons dériver tandis que nous dégustons nos sous-marins à bord de notre péniche.

Mine de rien, nous parcourons quelques lieues sur les mers. Sans même pagayer. Et nous y prenons goût, à ce lunch itinérant. À un tel point que nous décidons de faire la sieste. Certains plus que d’autres, dont Mario qui nous gracie de ronflements bien sentis.
Les matelots d’eau douce doivent se préparer à souquer ferme. Un drossage approche. Trois drossages en fait. Ils sont suivis du Rapide du croche de la rivière. Le haut niveau de la Mistassini le sculpte en R-2. Court mais intense. On se redresse. On se sépare. Il faut s’activer. Certains choisiront d’éviter le rapide. D’autres l’affronteront. Peu importe la voie, elle sera pavée de succès. Un petit kilomètre de plus et nous voici à ce qu’il est convenu d’appeler l’Île-aux-klaxons. Visible depuis la route, notre site de campement pour la nuit semble amuser un certain nombre de joviaux camionneurs qui nous saluent au passage. On aurait bien pris un peu du bois qu’ils transportent…

En début de soirée, Mario et JF construisent un catamaran et partent à la pêche avec quelques valeureux. Jenn nous reviendra avec un beau brochet et Taryn échappera un doré. Autour du feu, les autres jouent aux cartes, jouent de la guitare, finalisent les colliers et bracelets qu’ils avaient commencés un peu plutôt. Ils rigolent. Ils s’amusent. De toute beauté.

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La vraie vérité c’est que personne, mais vraiment personne n’aura passé un plus beau dimanche que nous. Impossible. Strictement impossible. Mario m’avouera même du bout de la langue qu’il croit bien qu’il s’agit là de la plus belle journée d’expé que la Fondation ait connu depuis ses tous débuts en 1996. C’est bien pour dire! Je vous explique.
Le réveil à la Pointe-à-l’orignal fut marqué d’un ciel dénudé de nuages. Bleu comme les paquets de Belvédère que mon beau-frère fumait en 1983. Au sortir de la tente, on se voit caressés d’une douce brise chaude, enivrés d’effluves de bacon, bercés de l’hymne à la joie qu’entonnent bruants, pics, dur-becs, hirondelles et compagnie – contrairement aux corneilles du matin précédent. L’eau miroite d’ores et déjà une belle journée en perspective. Le déjeuner du bûcheron englouti, on se fait un cri d’équipe qui effrayera un groupe de scouts qui voguait par là. De notre côté, on change les équipes de canots, on met à l’eau et Sara entonne M. Cannibale. Bertrand fait les « back vocals ». Bertrand, lorsque tu liras ce courriel, rappelles-toi que tu fais un excellent psycho-éducateur et qu’il est préférable que tu le demeures. Merci de votre compréhension.

Céline, la douce moitié d’Alain, nous fixe un rancart pour le midi. Elle nous attend dans une clairière où crapahutent une myriade papillons et valsent une assemblée générale de verges d’or. Grâce à Céline, nous auront droit à un excellent repas chaud, à un cola bien froid de même qu’à du yogourt et des fraises cueillies la veille. Du moins, les fraises, pas le yogourt. En après-midi, le soleil plombe. Et on dirait bien que les jeunes ont décidé de l’imiter : ils ont du plomb dans les muscles. La vigueur s’efface devant le vent de face. Nous ne franchirons donc qu’un gros kilomètre et demi avant de nous arrêter sur une plage qu’il est convenu d’appeler la pointe-venteuse, donc la pointe-sans-beubittes, donc la pointe-du bonheur.
Il est 14h et la journée de canot laisse place au volley-ball (les faucons battent les lynx 21-15), au football (Jenn, qui ne pèse probablement pas 100 livres, lance plus loin que JF), au ultimate freesbee, à la baignade, à la détente, à la contemplation de cette superbe partie de rivière, bref, au gros bonheur.

En retrait, j’observe la scène. Je me surprends à rire tout seul. Sans véritable raison. Je suis tout simplement trop heureux. Je ne peux pas sourire. Ce ne serait pas une expression assez forte de la joie qui m’envahit. Tant de beauté. Tant d’éclats de rires. Tant de bonnes vibrations. Nous sommes privilégiés. Dire qu’ils y a des gens qui sont pris pour écrire des blogues sur la politique étrangère américaine…

Pour clore la journée, de gros hamburgers sur pain grillé, un croissant de lune sublime et Martin qui sort sa baguette magique pour animer une partie de loup-garous, notre jeu fétiche. Une belle tranche de vie. La magie s’opère une fois de plus : alors que les jeunes assis autour du feu racontent qu’il s’agit d’une journée parfaite, des feux d’artifices jaillissent et colorent le ciel. Puis un autre et encore une autre. Sans que personne ne le sache, Alain s’était éclipsé après le repas. Céline lui avait refilé des munitions plus tôt dans la journée. La plus belle journée d’expé de l’histoire Fondation que je vous dis. C’est la vraie vérité.
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Notre départ de l’Île-à-la-ciboulette se fait tard, les jeunes ayant fait la grasse matinée. L’angélus de Girardville – le village le plus proche, à plus de 70 kilomètres de nous – devait sonner lors de la mise à l’eau. Les jeunes se couchent tard, parfois passé minuit. Il
faut dire que notre rencontre avec le crépuscule se fait également tardive : les étoiles ne tapissent le ciel que vers 22h15 voire 22h30. Nous avons adopté l’attitude nord de la latitude nord. Nous arrêterons pour le lunch à l’Île Shnitzel, aussi connue sous le
nom de l’Île-à-la-toilette panoramique. Je laisse aux jeunes le soin de vous expliquer les raisons qui sous-tendent cette appelation… À Marie-Claude en particulier.
La journée, errant dans les teintes de gris, est néanmoins marquée d’un événement haut en couleur : Corry et Jenn se sont baignés! Jenn nous avouera qu’il s’agit même de la première fois de sa vie qu’elle nage dans un plan d’eau naturel. Eux-mêmes ont encore peine à y croire. En route vers notre site de campement, la Pointe-à-l’orignal, Les pagaies trainent dans l’eau. On ne pagaie plus, on brasse de la soupe. Les canots sont bien souvent plus bruyants que leurs occupants. Hormis que l’on entende à quelques reprises des « Quand est-ce qu’on arrive? ». La fatigue commence à prendre le dessus sur la fougue des premiers jours. Au campement, un comité d’accueil volant - que nous commençons à bien connaître - nous souhaite la bienvenue. Ils sont particulièrement voraces en cette fin de journée chaude, humide et sans vent. Curieusement, les jeunes ne s’en plaignent plus. On pourrait penser qu’ils sont en voie de devenir des campeurs chevronnés.

D’ailleurs, Sara peut dorénavant fermer son baril toute seule… JF nous fait la démonstration de jeux d’équilibre en apéro. Catherine G., arborant comme toujours son plus beau sourire, nous fait le service au repas. Un jeu de mime nous servira de digestif. Vanessa ne dormira pas à la belle étoile. Dommage qu’elle se soit défilée. Un dôme d’étoiles filantes elle aura manqué.
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La journée avait pourtant bien commencé. Les nuages avaient déserté l’aurore. Une brise légère éloignait les moustiques. Puis de jolies taches blanches teintèrent l’azur. Puis des grises. Foncées. Lourdes. À 9 heures, les taches larmoyaient abondamment.
Le moral est à son plus bas. Les vêtements sont trempés. Des tentes mal montées fuient. Il fait froid. Vanessa veut retourner à la maison. Mario, Bertrand, Héléna et JF tiennent un conciliabule. Les jeunes ont besoin d’un exutoire. Tour à tour, ils nous livrent les raisons de leur présence – rencontrer des gens, pratiquer le français, repousser ses limites, se remettre en forme, vivre une aventure. Tour à tour, ils nous parlent de leurs qualités – persévérance, positivisme, force de caractère, patience. Sara s’interroge. S’agit-il d’un « low moment »? Indubitablement. Parmi nos bagages se trouvent deux mystérieuses patates géantes enrobées de ruban de toile, mieux connues sous le nom de « duct tape ». Leur contenu est inconnu et difficile à déterminer. Ils serviront de câbles de survoltage lors d’un éventuel « low moment » ou encore de turbo lors d’un « high moment ». Les jeunes décident de leur utilisation. Ce matin, ils arracheront vigoureusement les bandes de ruban de la patate pour y découvrir une quantité phénoménale de jujubes. Ils dévorent. Littéralement. La magie s’opére.

Littéralement. Alors que le glucose explose, les nuages se dissipent. Alors que les papilles salivent, les pupilles se dilatent : le vent du nord se lève et chasse la grisaille.
On décampe. On méandre. On affronte aussi. En aval, la rivière grommèle quelque chose. Le Rapide du céleri se dresse devant nous. La première difficulté technique du voyage suscite des cris. D’abord de stupeur puis de joie, de fierté. Des secondes d’éternité.

On arrête pour le repas du midi. Derrière nous, se forme un violent orage. Nous l’évitons de justesse. Il s’abat en amont, sur la Pointe-aux-Fraises. Les jeunes sont triomphants. Une fois de plus. Le tapis roulant de la Mistassini nous mène jusqu’à l’Île-à-la-ciboulette. En effet, Marie-Claude et Catherine L. y ont fait la découverte d’une talle de cette herbe fine. Elles garniront un lit riz sur lequel repose une brochette de poulet qui ferait mourir de jalousie n’importe quel restaurateur Grec. Autour du feu, Bob revient nous hanter. Toute la journée il nous aura accompagné. « Don’t you now worry – about a thing. Cause e’very little thing – s’gonna be a-right ». Ce soir Vanessa veut dormir à la belle étoile. Elle ne voudrait quitter cette expé pour rien au monde.
NDLR : Vous n’avez pas idée de l’impact des commentaires que vous envoyez aux jeunes via courriel. N’hésitez pas!

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L’expé de canot est bel et bien lancée. La grisaille marque notre départ du site de la Chute blanche. Mais, un peu comme par magie, les nuages se dissipent lentement au fur et à mesure que la journée progresse. À l’image du rideau qui se lève devant la scène pour laisser place au spectacle, le temps maussade s’estompe et, à l’heure du midi, le ciel se teinte de bleu. Et ce soir, il brille de mille feux. JF joue de la guitare autour du feu avec Catherine L., Marie-Claude, Bertrand, Martin, Héléna, Alain, Mario. Les autres
rigolent à plein poumons dans les tentes derrière moi.

Pour ma part, je suis assis au bord de la rivière, bercé par le clapotis de l’eau caressant la Pointe-aux-fraises. Ça sent bon le bonheur. Et la guimauve brûlée. L’expé de canot est belle. Et bien lancée. Nous nous sommes mouillé les mollets pour la toute première fois une dizaine de kilomètres en aval du point de mise à l’eau initialement prévu. En effet, le niveau
de la rivière étant anormalement élevé pour ce temps-ci de l’année, nous avons cru plus sage d’éviter de cordeler ou même de portager le rapide du brulé, un classe 3 de 1,5km de long. Ce sera suite à une opération d’empaquetage laborieuse que Mario tient un atelier d’initiation au canotage.

Les jeunes apprennent vite et veulent pagayer. Ils sont même un peu déçus de devoir arrêter pour le repas du midi… On leur apprend à faire un feu. Ils nous apprennent à
nous amuser avec des riens : Adam nous fait le coup du championnat mondial du je-vais-lancer-un-pierre-plate-et-faire-le-plus-bonds-possible.
Quelques coups de pagaie plus tard, nous voici à la Pointe-aux-fraises. Pour peu, il aurait pu s’agir de la Pointe-à-la
fraise : nous n’en en avons trouvé que 3. Minuscules en plus. La vue est néanmoins superbe : au loin poind la Montagne de la Tour. Alain, notre guide, nous explique que son oncle y était gardien au milieu du siècle dernier, alors qu’il devait surveiller les feux de forêts environnants. La Pointe-aux-trois-fraises fera office de site pour notre premier campement de canot-camping. On leur fait une démonstration de montage de tente. Ils nous font une démonstration de collaboration et de travail d’équipe. De manière paradoxale - et pratiquement incongrue -, plus nous nous enfonçons en forêt et laissons derrière nous la civilisation, plus la zone de confort des jeunes semblent s’élargir. Ils sont 9. Et ils semblent tous se conforter de notre glissade au creux de cette délicieuse incertitude qu’est l’aventure.
Ils vous embrassent. J’en suis certain.
Vous pouvez voir les photos de l’expédition Mistassini 2008 ainsi que toutes les photos de la Fondation Sur la pointe des pieds à l’adresse suivante :
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Quoiqu’on les sente un peu moins neufs ce matin. Les yeux tirés, les aventuriers s’étirent, titubant en sortant de leur tente. Maringouins, mouches noires, brûlots et autres bestioles ont profité de la moindre ouverture pour les rejoindre sous les couvertures. Ils leur auront piqué toute tentative de sommeil long et profond.
Nous consacrons l’avant-midi à une courte mais ardue randonnée pédestre vers la tête de la Chute blanche. Puisque le niveau de la rivière Mistassini demeure relativement élevé, nous ne pouvons en emprunter les berges afin de nous diriger aux abords de ladite chute.
Nous devons plutôt couper à travers le bois afin d’atteindre un sentier escarpé qui nous mène une quarantaine de mètres plus haut.

Le spectacle qui nous y attend est fabuleux! À juste titre, la Chute blanche fait partie des 10 plus belles au Québec. On y fait une pause bien méritée et tous en profitent pour faire quelques poses. Nous y rencontrons également 2 couples de canoteurs de Sherbrooke pour qui la Mistassini s’avère un vieux rêve. Ils nous trouvent bien chanceux… De retour au campement juste à temps pour le lunch, la douce musique de la pluie sur le toit de la tente-cuisine nous invite à faire une sieste digestive, question de récupérer les quelques heures de sommeil que les représentants de la gente ailée nous ont volé. Enchaînement logique, Céline nous initie par la suite à la fabrication de capteurs de rêves. Souhaitons qu’ils capturent quelques beubittes au passage… Mario termine la soirée par un entretien sous le tipi. Demain (jeudi le 3) marque le départ de notre expé de canot. À les écouter, nos aventuriers semblent bien acclimatés à la vie de camping. Il leur faudra dorénavant repousser les frontières de leur zone de confort un peu plus loin. À partir de demain, nous serons nomades. Et mistassins.
PS L’équipe technique tient à préciser que notre génératrice Katherine (avec un K) manifeste un semblant de collaboration. La marque est maintenant de 1 à 1.
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