DIX JEUNES ATTEINTS DE CANCER EN EXPÉDITION DE KAYAK DE MER DANS LE PARC MARIN DU SAGUENAY-SAINT-LAURENT!

kayak

L’heure du départ approche à grand pas.  L’équipe de la Fondation, l’équipe médicale et les guides de Détour Nature sont affairés à mettre la touche finale aux préparatifs qui feront certainement de cette expédition une aventure extraordinaire. Les jeunes quant à eux sont certainement en train de préparer leurs bagages et attendent le jour J avec impatience et fort probablement un soupçon de nervosité.  Qu’à cela ne tienne, le 4 juillet prochain tout ce beau monde à rendez-vous et ce sera le début de la grande aventure! Vous pourrez d’ailleurs suivre l’expédition aux premières loges, d’ici, sur le blogue officiel de la Fondation.  Quotidiennement, par ses photos et un bref récit de la journée, Caroline Hayeur nous permettra de faire partie de l’expédition, de voir des liens se tisser et sentir l’aventure qui fait sont œuvre.

Du 4 au 16 juillet, dix jeunes atteints de cancer parcourront en kayak de mer les 100 km du fjord du Saguenay, situé dans le Parc marin du Saguenay—Saint-Laurent, dans le cadre d’une expédition de la Fondation Sur la pointe des pieds!

Qui sont ces dix jeunes aventuriers que vous suivrez quotidiennement sur ce blogue pendant ces treize jours?
Breeann Hoogwerf, Cardinal 
Jordan Kapitany, Ottawa
Julia Mac Leod, Hammonds Plains
Cass Shirani, Châteauguay
Francisco Narvaez, Ottawa
Mylène St-Jean, Embrun
Paméla Hudon, Saguenay—Lac-Saint-Jean
Jessie Lefebvre, Montréal
Émilie Régnier Trudeau, Boucherville
Hugo Morin, Témiscamingue

C’est en kayak de mer, embarcation idéale pour découvrir le fjord du Saguenay dans toute sa splendeur que les participants auront le privilège d’aller à la rencontre de ce merveilleux territoire. C’est tout un défi qui les attend! En effet, ils partiront du Parc Aventure Capjaseux à Saint-Fulgence et se dirigeront vers la baie de Tadoussac. Plusieurs surprises et activités attendent nos jeunes aventuriers dont, entre autres, deux journées spéciales organisées en étroite collaboration avec le Parc marin Saguenay–Saint-Laurent et le Parc national du Saguenay. Soulignons également que cette expédition est organisée et réalisée en collaboration avec la compagnie de tourisme d’aventure Détour Nature. Enfin, la Fondation Sur la pointe des pieds tient à remercier les généreux commanditaires régionaux suivants :Club Nautique de l’Anse-Saint-Jean, Club de Yatch de Chicoutimi, Auberge la Fjordelaise.

L’équipe des accompagnateurs
Martin Robert – médecin
Kimberley Nixon – éducatrice
Caroline Hayeur – photographe, artiste et blogueuse de l’expédition Fjord du Saguenay 2009
Virginie Gargano – guide de la Fondation
Héléna Lonpré – directrice des opérations de la Fondation
Jean-François Dubé – adjoint aux opérations de la Fondation
Denis St-Amant – guide Détour Nature
Francisca Thibeault – guide Détour Nature

Une petite idée de l’horaire de l’expédition fjord du Saguenay 2009
04 juillet -Rendez-vous aux bureaux de Détour Nature. Départ pour la région du Saguenay
Transport, arrêts collations, arrivée et installation pour deux nuits au cap Jaseux aux abords du fjord du Saguenay.
05 juillet - Fjord en Arbres, familiarisation avec le kayak de mer et préparation pour l’expédition.
06 juillet - Départ de l’expédition. Déplacement vers l’Anse de Sable. Début des couchers en camping.
07-13 juillet - Cœur de l’expédition. Visite des sites de l’anse à Didier, de  la baie Trinité, l’anse du Portage, l’anse aux îlets Rouges, le cap Trinité et bien d’autres encore!
14 juillet - Arrivée du côté de Tadoussac.
15 juillet - Journée d’activités organisée par le Parc marin Saguenay—Saint-Laurent et repos aux alentours de Tadoussac.
16 juillet - Départ pour Montréal
Arrivée à Montréal aux bureaux de Détour Nature.

Inscrivez-vous pour être mit au courant des nouvelles fraîches qui nous proviennent en directe de l’expédition(en haut à droite).
Pour voir les photos de l’expédition et toutes les photos de la Fondation, suivez le lien suivant : http://www.flickr.com/photos/pointedespieds/   
Merci d’être là et de suivre nos expéditions…À très bientôt pour le grand départ!

30 juin: Vers la grande finale!

Pendant que le temps s’accélère du côté du bureau et que notre prochaine expédition débutera bientôt, des nouvelles de Derek qui est maintenant du côté de Revelstoke, nous sont parvenues. Voici un résumé :

• Il est entré en Colombie-Britannique le 29 juin.

• Il est passé au cœur des parcs nationaux de Glacier et de Revelstoke et de ses dires : «Je me suis gâté les yeux comme du monde».

• Il a visité lac Louise et Golden.

• Le vent est toujours très présent dans son quotidien.

• Hier, il est monté tout en haut de Rogers Pass (1330 mètres d’altitude). De là, il a pu prendre conscience de sa forme physique. «Je suis arrivé au bureau d’accueil et j’ai demandé si c’était bien loin le sommet… la fille à l’accueil m’a regardé avec de drôles de yeux en m’annonçant que c’était ici le sommet!»

• Il rencontre tous les jours des gens sympathiques et accueillants.

• Dans quelques jours, lui et Luc se rejoindront et leur arrivée est prévue à Vancouver entre le 5 et le 10 juillet.

C’est donc ici que prend fin l’aventure de Luc et Derek à travers le Canada pour la Fondation Sur la pointe des pieds. L’aventure prend fin et une autre débute; celle de l’expédition Saguenay 2009. Ce qui est certain c’est que les jeunes de cette expédition entendront parler de nos deux héros du vélo. La Fondation Sur la pointe des pieds tient donc en terminant à remercier du fond du cœur Derek Savoy et Luc Dallaire de leur dévouement à la cause des adolescents en rémission du cancer. Ils ont été au quotidien des modèles de détermination et de caractère. En ce sens, ils ont su incarner ce que nos jeunes doivent être dans la vie de tous les jours en face de la maladie.

Merci les gars, vous êtes une véritable inspiration pour la famille de la Fondation (et vous en faites partie bien évidemment!)

22 juin: Les Rocheuses

Aujourd’hui nous avons reçu un appel de Luc. Il appelait de Québec. Il venait de parler avec Derek. Il est sorti depuis peu de la région de Calgary. Il semble que le passage de ce côté n’a pas été facile à cause de la densité de circulation sur les routes. Mais, une fois de plus Derek s’en tire sans malheur.

Sans malheur, mais pas sans anecdotes parfois un peu fâchantes sur le coup. Comme ce fut le cas un soir de camping sous la pluie battante. Signe que le temps commence à peser sur l’équipement, un piquet de la tente s’est rompu sous le poids de l’eau accumulée sur la toile. Cela mouillant tout d’un coup la tente et son contenu… Ceci dit, le camping n’est pas que source de désagrément, bien au contraire. Il semble que Derek, voyageant seul, rencontre beaucoup de gens qui l’invitent à partager un repas une discussion autour d’un café. Côté moral, Derek jongle entre les bienfaits et les difficultés de la solitude. De plus, nous venons d’apprendre le décès de sa grand-mère madame Frances May Glidden Savoy. Une dame battante et pleine de vie jusqu’au bout. Une véritable inspiration pour Derek. Après discussion avec sa famille, il décide de continuer son voyage, rendant à sa manière un hommage à cette grande dame.

Il sera donc bientôt en plein cœur des Rocheuses canadiennes. Selon les calculs de Luc, il devrait y être dans la journée de dimanche.

Puis, nous prenons des nouvelles de Luc. De son côté le moral est bon, mais tous les projets se font au ralenti. Il sait qu’il ne pourra pas repartir au niveau physique des premiers jours de l’aventure. Le 5 juillet, il ira rejoindre Derek dans l’Ouest canadien. De là, il le suivra pour les derniers jours de l’aventure en fonction de sa capacité. «J’ai vraiment hâte de reprendre le voyage. Toute cette expérience me fait vraiment comprendre comment la maladie peut avoir le contrôle sur notre vie et remettre nos plus beaux rêves à plus tard. C’est étrange comment cette arrêt me fait vivre encore plus la mission de votre Fondation». Définitivement, nous sommes privilégiés d’avoir de telles personnes qui croient en nous et nous appuient dans notre effort pour accomplir notre mission.

17 juin: Les débuts en solo

17 juin
De la Saskatchewan, nous provient la voix de Derek, il semble en pleine forme. Il m’explique que la portion en solo se déroule bien même si les premiers temps lui ont demandé beaucoup d’adaptation. Il se dit bien heureux d’être en vélo car pour lui c’est un bon moyen de «passer ses émotions». Des émotions, il y en avait au rendez-vous lors du moment de séparation de nos deux aventuriers. Derek me confie que cette journée là, il a roulé 175 kilomètres! Le lendemain, il atteignait le Manitoba.

Le changement dans l’aventure est complet. En fait, même la météo retourne sa chemise, passant de l’hiver à la canicule. Puis, une toute nouvelle réalité du terrain : les prairies. La traversée demande un style de déplacements bien différent de celui du début du voyage. Là, il n’y a pas de petits villages à tous les 20 kilomètres. Il n’y a pas non plus de rivières et de lacs aux détours de la route, au cas où les gourdes seraient vides. Parlant détours de la route, il n’y en a pas beaucoup non plus. Le chemin est bien droit sur des centaines de kilomètres. Derek planifie donc ses déplacements en considérant tous ces facteurs.

Il me raconte que plusieurs aventures formidables lui sont arrivées dans les six derniers jours. Il rencontre de nombreuses personnes qui lui donnent un coup de main et l’encourage dans sa traversée. «Tout le monde ici est super sympathique, en six nuits dans des campings, je n’ai payé que 2 fois!» me dit-il. Avant de raccrocher, il me parle de sa rencontre de la journée d’avant avec un orage en pleine prairie. «À ma gauche, c’était le ciel bleu avec un soleil de plomb et, soudainement, j’ai vu qu’à ma droite le ciel était noir et lançait de grands éclairs. J’étais certain que le ciel allait me tomber sur la tête». Tout s’est heureusement bien terminé et Derek s’en tire avec l’habitude de surveiller le ciel et les prévisions météo. Avant de terminer notre conversation Derek m’annonce qu’à la vitesse où il va, il prévoit être en Alberta dans quelques jours.

Luc de son côté nous a donné des nouvelles. Il prend du repos bien mérité du côté de Québec. Il prend du mieux petit à petit et garde un moral d’acier.

Bonne chance Derek et Luc!

12 juin: L’heure des changements

12 juin,

Aujourd’hui, nous avons reçu d’importantes nouvelles de Luc et Derek. De grands changements se sont produits depuis notre dernière conversation. En fait, pour des raisons de fatigue musculaire extrême Luc devra mettre momentanément en attente la traversée. Hier, nos deux gars se sont rendus à l’hôpital car Luc arrivait difficilement à se mouvoir malgré les journées de repos. Puis, après le ballet des spécialistes, Luc apprend que ses muscles doivent se reposer sans faute. Il est victime d’une rhabdomyolyse, c’est-à-dire d’une détérioration importante de la fibre musculaire survenant lors de la surutilisation d’un groupe de muscles.

Luc et Derek conviennent alors de suivre leur plan de sortie. Les deux garçons ayant déjà discuté de la question avant leur départ, il était clair que Derek allait continuer seul. Luc pour sa part reviendra au Québec pour quelques temps question de prendre le repos imposé par les médecins pour ensuite aller rejoindre Derek.

C’est donc tout un revirement, mais grâce aux compétences de Luc et Derek un nouveau plan d’attaque est rapidement mis en place. Rien ne doit manquer, alors tout y passe. À l’ordre du jour : le chemin en solo, le nécessaire de premiers soins, les communications, etc. Bref, c’est un nouveau départ sur une base tout aussi solide que lors du 15 mai. Et malgré tous ces bouleversements, nos cyclistes gardent le moral. Ils nous impressionnent vraiment par leur positivisme. Décidément, ces deux garçon incarnent l’esprit de la Fondation Sur la pointe des pieds.

9 juin: Bon Samaritain

9 juin,

Aujourd’hui, nous avons eu des nouvelles de nos cyclistes. C’est Luc au bout du fil qui m’appelle de la ville de Grand Forks. D’entrée de jeu, nous parlons un peu météo car je suis curieux de savoir si le tout s’améliore. «Y fait frette, y fait frette, y fait frette!» me lance Luc, tout de même avec le sourire dans la voix. Bref, de ce côté, ça ne s’améliore pas. Toutefois, les gars ont quand même roulé plus de 120 kilomètres par jour depuis 9 jours. Ils ont même fait leur premier «century», c’est-à-dire 100 milles (160 kilomètres) en une journée. C’est aujourd’hui leur journée de congé. Au programme : une douche chaude, un peu de lavage, le temps pour manger beaucoup et bien et du temps pour bien s’étirer les muscles.

Pendant notre discussion j’entends Derek derrière Luc qui lui lance : «Oublie pas l’histoire du chevreuil»! Luc me raconte que lors de leurs déplacements, ils ont fait la rencontre d’une biche et de son faon. Ce dernier a pris peur lors du passage d’une voiture et s’est retrouvé séparé de sa mère. Luc et Derek en bons samaritains ont alors pris le temps de porter secours au jeune. Luc a aidé le jeune faon à retourner du côté de la route où était sa mère. Puis, le faon et sa mère ont pris la poudre d’escampette ensemble.

Parlant bon Samaritain, Luc me dit qu’ils en ont rencontrés de toutes sortes sur la route. Certains envoient la main en signe d’encouragement, d’autres offrent leurs services si besoin est. Mais, il semble que la palme d’or de la dévotion revient à Bill et Angie Larsen. Luc me raconte : «J’étais à l’épicerie et Derek surveillait les vélos. Une dame qui passait par là s’est intéressée à nos vélos. Elle nous a posé des questions sur ce que nous faisions comme projet. Derek lui a donc expliqué et elle a été séduite par l’idée. Elle nous a invités à venir rencontrer son mari pour un souper. Une fois là-bas, nous avons passé la soirée à discuter avec elle et son mari. Elle est infirmière et son mari psychologue. Ils ont pris soin de nous en nous offrant un souper magnifique, la salon pour la nuit et un déjeuner composé de pommes, de mûres, de fraises, de bananes et de bien d’autres choses délicieuses. Vraiment c’était presque incroyable d’être si bien reçus par des gens que l’on ne connaissait pas 24 heures auparavant!»

Luc termine en me disant qu’ils en sont maintenant à plus de 2800 kilomètres au compteur. Ils visent maintenant le Dakota du Nord pour rejoindre le Manitoba dans quelques jours. Leur moral semble excellent, mais le repos est bienvenu.

1er juin: l’hiver en été!

1er juin,

Nous avons reçu des nouvelles de nos amoureux du vélo. Derek est au bout du fil et me parle de toutes les aventures vécues du côté sud de la frontière. Lui et Luc sont dans la ville d’Ironwood, ils prennent un moment de repos car le temps est trop venteux pour aller de l’avant. Ce dernier les obligeant à rouler tout près l’un de l’autre afin de briser le vent, et ce, en alternance à l’avant. Il n’y a pas que le vent qui rend l’aventure difficile. Le froid s’est aussi mis de la partie. Malgré le fait qu’on soit en juin, la température dépasse rarement les 10 degrés Celsius. Ce qui n’est pas du tout la normale pour ce temps de l’année. «Il fait tellement froid que les médias annonçaient hier que certains agriculteurs craignent pour leurs semis, on a même trouvé un journal titrant Winter in June (L’hiver en juin)!», me disait Derek.

Puis, on discute des vélos. À ce sujet, c’est encore Derek qui remporte la palme de la chance avec aucun bris. Luc, de son côté, a été moins choyé. En fait, depuis qu’ils ont traversé la frontière américaine, il a eu pas moins de 5 crevaisons! Les chambres à air de rechange s’enchaînant au rythme de une par jour. Après une minutieuse inspection, Luc découvrira qu’une minuscule broche s’étant accrochée à l’intérieur de son pneu crève sans pitié les pauvres petites chambres à air neuves.

Notre discussion porte ensuite sur les gens que nos deux «vélomanes» rencontrent dans leur quotidien. Il semble que les américains sont très sympathiques à leur cause. Les automobilistes (le plus souvent au volant de «pick-up» selon Derek) leurs envoient la main et les klaxonnent en signe d’encouragement. Derek me parle aussi de la discussion qu’ils ont eut lui et Luc avec l’aimable shérif de la ville de Chocolay. L’épisode de leur passage aux douanes est aussi un beau moment de rencontre avec nos voisins du Sud. «On est passé à la frontière sans problème, deux gars sur des vélos, c’est pas très menaçant. Mais, le douanier était vraiment surpris lorsqu’il nous posait ses questions de routine. Quand nous lui avons dit que nous n’avions pas de travail, pas d’enfant et pas d’obligation pour les prochains deux mois, il nous a fait passer, mais trouvait que nous menions vraiment une vie bizarre.»

Côté déplacement, les villes s’enchaînent et les gars viennent de franchir le cap des 2000 kilomètres. Ils ont, entre autres, vu les villes de Sault-Sainte-Marie, New Berry, Christmas, Marquet, Champion et Bergland. Ce soir, ils coucheront du côté du Wisconsin. Derek termine en me disant que le moral est bon et qu’ils vivent de merveilleux moments à tous les jours.

À vélo en Ontario

Du nord de Lake George en Ontario, nous provient un appel de nos «bikers» transcanadiens. Depuis leur départ, nous étions impatients, tout comme vous sûrement, d’avoir de leurs nouvelles. C’est Luc qui me parle de leur aventure depuis le 15 mai. Il m’annonce que sur leur compteur figure déjà près de 1500 kilomètres! Pourtant, 1000 kilomètres plus tôt, il leur a bien semblé que le vent de Québec ne les laisserait jamais passer en Ontario. C’est qu’ils ont eu beaucoup de vent de face. De dures journées se sont présentées, une plus particulièrement, où à peine 70 kilomètres ont été arrachés en 8 heures. L’étape entre la ville de Québec et la frontière de l’Ontario a donc été difficile. Certains ennuis mécaniques les obligeant aussi à s’arrêter un moment du côté de Gatineau pour ajuster les vélos.

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Puis, au détour de l’Ontario, le vent a tourné. Le sens de l’air s’est alors enligné sur la volonté de nos cyclistes. «L’Ontario ça va être notre bête noire, plus vite on la passera mieux ce sera» nous disait Luc avant le départ. Ce dernier m’annonce que des journées super rapides s’y sont enchaînées. Le soir venu, les compteurs affichaient 128, 135, 137 et même 150 kilomètres! Malgré un passage très difficile dans le secteur de Matawa, que Luc me décrit comme «la grande sœur du Parc des Laurentides», nos deux aventuriers sont maintenant à 60 kilomètres du point où ils quitteront l’Ontario. Ils en sont heureux, bientôt leur bête noire sera derrière eux avec ses routes sinueuses, ses côtes et ses camions.

À quoi ressemble une journée à vélo pour traverser l’Ontario? Luc me fait alors la liste de tous les petits et grands moments du quotidien. Derrière, j’entends Derek qui appuie les dires. L’horaire donc; un lever tôt et déjà le vélo occupe une place importante. Il faut le graisser, ajuster les commandes de freins et de vitesses. Bref, il faut bichonner le bébé bicycle pour lui permettre de rouler plus de 100kilomètres la même journée. Vient alors le temps pour un déjeuner rapide et le moment du départ généralement vers 8h00.

Vers midi, halte dans une épicerie que la route a apportée. Là, ils prennent ce qu’il leur faudra pour le dîner, le souper et aussi un peu pour le lendemain. Semblerait que les pitas sont pas mal à l’honneur pour leur simplicité. C’est plat, c’est rond, c’est bon. Côté déplacement et vie d’équipe, c’est chacun à son rythme. Les gars se déplacent en gardant un œil l’un sur l’autre, mais les discussions philosophiques attendent le soir le plus souvent. Vers 19h00, la journée se termine et les garçons cherchent une halte routière, un parc public, le champ d’un accueillant agriculteur ou même l’arrière d’une haie de cèdres dans une pépinière.

Vélos

Luc me parle aussi du côté mécanique. À ce sujet, il semble qu’après l’arrêt du côté de Gatineau tout rentre dans l’ordre. Exception faite du rayon cassé par Luc hier, c’est donc 1-0 pour Derek. Rien de majeur donc du côté des vélos. Non, en fait la seule mécanique qui donne du fil à retorde, c’est le brûleur qui devrait servir pour les repas chauds du soir. «On ne sait pas ce qui ne marche pas avec le brûleur, mais ça été pour nous l’occasion de rencontrer des gens» me dit Luc. «En fait, pendant que l’on essayait de le réparer des gens nous ont entendus parler en français et ont compris notre problème. Ils nous ont alors invités à venir cuire nos spaghettis chez eux. On n’a pas résolu le problème de réchaud pour demain, mais ça fait de beaux souvenirs!»

Avant de terminer l’appel, Luc m’annonce que dans 60 kilomètres ils quitteront, l’instant de quelques jours, le Canada. Ils le feront en passant le poste frontalier de Sault Ste-Marie. Ils ont décidé de prendre cette voie pour éviter les routes isolées du nord du Lac Supérieur en Ontario. Les prochains jours seront donc une visite chez nos voisins du Sud pour mieux revenir au Canada par le Manitoba.

Que les vents soient avec vous!

Grand départ pour la traversée du Canada à Vélo

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Bonjour à tous,
Bienvenue et merci de suivre notre périple de la traversée Chicoutimi-Vancouver en vélo au profit de la Fondation Sur la pointe des pieds. À chaque semaine, nous tenterons de  vous donner le plus de détails possibles vous permettant ainsi de faire partie de l’aventure.

JOUR 1 ET 2 (CHICOUTIMI-L’ÉTAPE ET L’ÉTAPE-QUÉBEC 210 KM PARCOURUS)

Quelle première journée ce départ particulièrement rempli d’émotions. Tout d’abord, nous désirons remercier chaleureusement ceux et celles qui étaient présents à notre départ. Nous étions vraiment touchés par la générosité des gens venus nous encourager et qui ont même roulé avec nous jusqu’à Laterrière. WOW ! Nous vous aimons tous…

Cette première journée fut toute une épreuve. En effet, malgré notre détermination, les côtes, le vent, le trafic et encore les côtes et encore le vent nous ont fait travailler fort, très fort! Bref, un excellent premier test pour nous deux. Déjà, à chaque fois que nous sommes un peu démotivés, nous avons une pensée pour les jeunes qui sont atteints du cancer. C’est en pensant à VOUS et à votre détermination que nous retrouvons notre énergie et nous sommes fiers de réaliser cette traversée au profit des jeunes de la Fondation Sur la pointe des pieds.  Par contre, lors de la première journée de vélo nous étions motivés par deux «crinqués» qui nous ont accompagnés jusqu’à l’Étape. MERCI MILLE FOIS JEAN-FRANÇOIS DUBÉ ET FRANÇOIS DUFOUR.

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De plus, 15 km avant d’arriver à l’Étape, nous avons eu la belle visite de Mario Cantin, le président d’honneur de Rase-O-Ton 2009 venu pédaler les derniers kilomètres avec nous. ENCORE UNE FOIS MERCI !

Un fois sur place, une belle surprise nous attendait, Dominique Larouche et Réjean Côté, les parents de Marie-Hélène et fondateurs du Rase-O-Thon Marie-Hélène Côté, étaient là pour nous accueillir.  Après cette belle rencontre, les gens sont venus nous voir pour jaser de notre projet et de la fondation.
La gérante de l’étape nous a pris en pitié, ils annonçaient -5° C pour la nuit, elle nous a donc offert un toit pour dormir avec des douches chaudes…Merci Nathalie, nous n’oublierons pas notre première soirée.

Le lendemain nous sommes partis de l’Étape à 7h30 en direction de Québec. Le vent de face était toujours au rendez-vous mais ce fut une journée agréable puisque nous avions plusieurs descentes. Bref, ça y est, nous sommes bel et bien partis et ce fut une très belle deuxième journée.

Sur ce, passez une très belle semaine…..

Que le vent soit avec nous!
Derek et Luc



6 mars

5 Mars

Jour 5 5mars 010

Nos yeux s’entrouvrent sur un air de déjà vu. Peut être parce que c’est notre deuxième nuit au Biron. Il y a quelque chose de réconfortant à se réveiller entre les murs de planches. Originaire de St-Raymond, je me rappelle que ce chalet appartenait jadis à un certain Henry Cayer, lui-même natif et grand entrepreneur de St-Raymond. Les hasards sont ainsi faits. Le chalet Biron ne devait pas avoir vu bouger autant depuis belle lurette. Encore une fois, la soirée de la vieille a été fort agrémentée. Nous avons fait aller nos doigts sur les cordes de la guitare et les voix les plus courageuses se sont élevées pour animer la troupe. L’ambiance était tout aussi chaude et réjouissante que le feu dans l’immense foyer de pierre. Les mushers et les hommes forts du Triton entonnaient des chansons issues de contrées lointaines où l’on semble festoyer à cœur joie. Les jeunes chantaient avec Jean-François des chansons d’un tout autre registre, mais tout aussi rassembleuses. Certains écrivaient, et d’autres, déjà nostalgiques, regardaient les réjouissances le cœur gros. Les aventures comme celle-là sont faites de bonheur pur qu’on ne voudrait laisser partir. Mais hélas, ainsi va la vie. Toute bonne expédition a un début et une fin, et en ce matin du 5 mars, on s’apprête à atteler nos chiens pour la dernière fois. C’est plutôt difficile, je dois vous avouer. L’expédition en soi n’est pas terminée, mais la portion «traîneaux à chiens» tire vraiment à sa fin. Plusieurs ont le cœur gros et caressent leurs chiens avec la larme à l’œil. Avant de partir, les mushers nous livrent un vibrant hommage et on leur rend la pareille en leur faisant un gros collé (hug) pour les remercier. Ils ont fait beaucoup plus que ce qu’on attendait d’eux. L’aventure nous fait souvent rencontrer des personnes formidables. Dans notre cas, on gardera en mémoire pendant de longues années, leur sourire, leur générosité et leur joie de vivre.

Jour 5 5mars 173

Dans les derniers jours (ou plutôt les dernières nuits), les chiens ont dû endurer des températures autour de - 25 à - 30. Ils ont puisé dans leurs réserves et le retour à la maison sera bien pour eux. Le chenil les attend et gagez avec moi qu’ils auront droit à une journée de congé. Le soleil est encore de la partie, mais la cerise sur le sundae c’est qu’il fait chaud. On se la tape alors vraiment comme des « beach boys » en cavale. De retour au Batiscan, on prend un dernier repas avec nos humbles mushers(Coco, Sam et Hugo). Ils repartent ensuite vers leur chez eux dans les régions éloignées de Duchesnay. Pour nous, c’est l’après-midi de repos tant souhaitée. Ça n’y paraît peut être pas, mais on court quelques kilomètres derrière un traîneau à chiens et les nuits n’ayant pas été toutes pleines, ça fait du bien de se reposer un peu. Dans cet intermède, on s’amuse à retomber en enfance en jouant à cache-cache. Fait à noter que Simon, Courtney et Danika sont particulièrement bons pour se dissimuler. Le soir venu, quelques joutes de « Loup-Garou » nous suffisent pour nous mettre K.O. On a quand même droit à des fous rires légendaires de la part de Scott et Karolanne et quelques parades de mode de la part de Mélanie, Mickaël et Mathieu. On s’amuse vraiment. Pour l’heure, allons prendre des forces un peu. Demain, paraît-il que nous allons jouer à la «Guerre des tuques» version «Triton Club». C’est à voir!

Jour 5 5mars 176

Nous prenons cet espace dans le blogue pour nous adresser à tous les jeunes qui nous suivent à partir d’un hôpital (comme Jessie et Joël) ou qui sont en train de se battre contre la maladie. Sachez que c’est vraiment un plaisir que vous nous suiviez dans notre aventure. En passant Jessie, merci pour ton mot. Nous espérons de tout cœur que vous allez prendre du mieux et que vous allez pouvoir être des nôtres dans une prochaine expédition. Vous représentez la ténacité, le courage et la persévérance et sachez que chaque jour, vous avez été à nos côtés dans nos pensées. On pense à vous. Merci d’être là.

3 mars

2-3 mars2 152

Le matin est tranquille dans le campement. Il n’y a pas de souris qui danse à l’extérieur. Faut quand même expliquer qu’il fait un froid de canard. À peu près -27 Celsius. Disons que c’était notre épreuve du froid dans cette aventure sur le territoire du Triton. On ne peut pas reculer ou baisser les bras quand ça ne fait pas notre affaire, il faut regarder droit devant, prendre son petit change de courage et de persévérance et avancer d’un pas décidé. Pour plus de résultats, vous pouvez bien sûr vous aider de vos équipiers et vous nourrir du sourire de chacun d’eux. Dans le groupe, on ne lésine pas sur les sourires. On s’en donne à volonté sans rien demander. Bah, c’est sûr que ça ne réchauffe pas nécessairement les orteils froides, mais ça fait un baume et ça nous rend plus forts.

2-3 mars2 146

Atteler les chiens fut un vrai plaisir parce que le soleil a décidé de se pointer et de faire renverser la vapeur côté Celsius. On est tous emmitouflés comme des yaks, mais au moins, il y avait cette boule de lumière qui nous entonnait de se dégourdir. La journée s’annonçait difficile. Pas moins de 40 kilomètres de traîneaux à chiens. Un arrêt subit nous fait penser qu’il y a un petit problème à l’avant. C’est bien ce qu’on pensait, un petit pépin. La corde entre les chiens et le traîneau s’est rompue et les chiens ont pris la poudre d’escampette. Ouf! On les retrouve plus loin et on fait les réparations qui s’imposent. Plus tard, un autre arrêt pour faire des modifications dans les équipes de chiens. Il n’y a pas que chez le Canadiens de Montréal qu’on effectue des changements. C’est un peu ça notre belle routine. Elle est parfois dure, parfois froide, remplie d’impondérables, mais je vous assure qu’à chaque fois que l’on regarde dans les yeux de nos jeunes, il y a cette fierté, grande comme le monde comme si dans cet instant, ils voulaient crier…J’ai réussi. Ce sont de véritables champions.
Notre journée se termine au lac Biscuit où nous attend un grand chalet (et un majestueux foyer). Nous y serons vraiment confortables. On peut dire qu’on ne l’aura pas volé. La guitare s’émoustille de plaisir, car elle pourra enfin être utilisée. Merci de nous suivre, les jeunes apprécient beaucoup. Vous êtes tous dans nos cœurs et dans nos pensées.

2 mars

2-3 mars2 019

AAHOUUuuuuuuUUUuuu!!! Non, ce n’est pas le coq qui nous réveille en ce beau matin mais plutôt une meute de chiens au grand complet qui hurle à tout rompre pour nous montrer qu’on est loin de chez nous. Chacun voudrait rester dans son sleeping pour éviter le moment fatidique d’affronter l’hiver blanc et ses fraîcheurs. C’est formidable de voir tout le monde autour de la table avec leur chocolat chaud. L’équipe commence à prendre le rythme de l’expédition. Il faut dire qu’on partage tous la même réalité. On est tous loin des nôtres, loin de notre confort, on est tous confrontés au même froid, aux mêmes adaptations ou à peu près. On est tous soumis aux défis que nous offrent la nature et l’aventure. Quant aux jeunes, ils sont liés par ces batailles qu’ils ont tous livrées contre la maladie. Ils ont la proximité des gens qui se comprennent et se respectent. Un lien fort nous unit déjà.

2-3 mars2 008

En expédition, on a un horaire à suivre si on veut arriver avec la lumière du soleil. Il faut prévoir les repas, l’empaquetage des bagages, prendre soin des chiens, mettre leur harnais puis les attacher soigneusement aux traîneaux, s’habiller convenablement et veiller à ce que tous et chacun soient corrects, gérer ses propres effets personnels et s’assurer d’avoir ni trop chaud, ni trop froid…Bref, une expédition, c’est un gros casse-tête, mais entre vous et moi, c’est un cassage de caillou qui en vaut la chandelle.

La journée débute sur une note du tonnerre. Les chiens sont en forme et ils en ont dedans. On est sur un lac, alors on pourra les laisser courir à leur guise et leur faire brûler toute l’énergie qu’ils veulent. Parce qu’on pense à tort qu’ils n’aiment pas tirer toutes ces charges, mais détrompez-vous, ce sont des machines qui, une fois arrêtées, en redemandent encore et encore. Pour nous, ça fait notre bonheur, car la vitesse de croisière est très bonne. Les sentiers en forêt sont un peu plus techniques, mais on s’assure de circuler tranquillement. Les jeunes s’amusent et conduisent les traîneaux comme des pros. Il y a Karolane qui rie sans arrêt et Simon son coéquipier, qui semble avoir l’aventure gravé sur cœur. Mélanie est avec le séduisant Mathieu qui m’a tout l’air d’être un vrai gentleman. Il veille aux bons soins de sa co-équipière avec attention. Courtney est en ma compagnie, elle est formidable. Elle a du cœur au ventre, c’est une combative hors norme. Discuter avec elle et partager nos péripéties de chiens de traîneaux sont un réel plaisir dont je vais me souvenir des années durant. Scott, quant à lui, est avec Nicolas, le médecin de l’équipe. Nicolas est jovial et sans malice. Il nous fait rire et en profite pour pratiquer son français. Puis, il y a Danika et Mickaël. Les deux essaient tant bien que mal de se faire la jasette dans les deux langues. Mickaël fait des virages superbes avec son traîneau. C’est un vrai pilote. Danika, elle, nous parle beaucoup de sa famille et l’importance de celle-ci dans sa vie. Elle est très rieuse. Bien sûr, il y a tout le reste de l’équipe qui se partage les autres traîneaux. Héléna a décidé de porter ses petites pomettes rouges. Son rire et son charisme charment tout le groupe. Jeff est le clown de l’équipe, mais il sait faire son homme sérieux en temps opportun. Il veille avec soin sur chacun des jeunes.

2-3 mars2 059

Après une journée de dure labeur à négocier maintes courbes et virages de toutes sortes et après avoir traversé je ne sais combien de lacs plus fantastiques les uns que les autres, on arrive enfin à notre campement. Surprise, il n’y a ici ni refuge, ni chalet, mais bel et bien des tentes arctiques. Ce sera donc l’épreuve ultime pour nos compagnons. Même si les tentes sont chauffées pour couper l’humidité, le défi n’en est pas moins important, car la température chute en bas de – 15 Celsius. Le courage et l’endurance sera de mise. Après avoir installé nos bagages et nos lits de fortune, on s’agglutine autour d’un bon vieux feu de camp où l’on se permet de rêver à notre journée. On ferme la lumière et on entre dans notre énorme sac de couchage. La tuque calée sur la tête, on est fin prêts à aller retrouver Morphée. Il saura nous border dans ce froid canadien. Bonne nuit mes chers équipiers, vous êtes admirables. Sans broncher et sans nervosité, les yeux se ferment et les ronflements prennent la nuit d’assaut.

1er Mars

La gang Triton 2009!!!
L’aventure a ses façons bien à elle de nous amener à la rencontre de nous mêmes, de nous montrer ce que l’on a dans le ventre. Parfois même sans trop nous le demander, elle nous amène à donner le meilleur de ce qu’on est. C’est justement ces pensées qui me traversent l’esprit lorsque je les vois porter leurs bagages sur la galerie du Batiscan (le chalet dans lequel nous avons passé la nuit). La gang ne semble pas trop nerveuse. Ils sont plutôt très excités d’aller revoir les chiens. On les entend hurler jusque dans le chalet. C’est très impressionnant, car près de 50 chiens nous attendent aux abords du lac. On finit d’avaler les dernières tranches de pain doré en prenant bien soin de les enduire de sirop d’érable (indispensable!). Nos rois de la gloutonnerie sont incontestablement Etienne et Simon qui engloutissent un nombre impressionnant de pain doré sans parler des fruits, yogourt et litres de jus. On se sent toujours moins coupable en expédition parce qu’on sait qu’on va brûler des calories à la tonne. On fait les derniers « check-up » pour s’assurer que tous ont bien ce qu’il faut, puis on quitte la chaleur réconfortante du Batiscan. On va le revoir que dans cinq jours. Nicolas et David (nos hôtes du Triton) se démènent pour que tout se déroule bien et s’empressent de nous jouer des tours à chaque fois qu’ils en ont l’occasion. De joyeux lurons ces hommes des bois.

1er mars 032

On marche présentement vers la meute où nous attendent les mushers (c’est le terme pour appeler les personnes qui s’occupent des chiens de traîneaux). Ils nous accueillent avec un sourire fort accueillant. À les voir, on comprend la passion qui anime ces gens. C’est fascinant, on croirait qu’ils parlent le même langage que les chiens. Chacun porte la barbe et semble avoir une endurance surnaturelle au froid. Tout comme nos amis du Triton, les mushers de chez Inukshuks impressionne de par la proximité qu’ils entretiennent avec la nature. Des vrais de vrais. Chacun de nous se penche sur un chien et apprend tranquillement à apprivoiser ces bêtes. Courtney a l’air d’avoir un lien très fort avec eux. Les chiens lui rendent son affection et tentent de lui donner des becs. Scott est tout simplement sous le charme des huskies. Au premier regard, on voit clairement une ressemblance avec des loups. Ils sont musclés et complètement adaptés au froid. Leurs yeux sont tantôt bleu, tantôt brun et parfois même un de chaque couleur. Kovou, l’un d’entre eux, se prélasse au soleil les yeux fermés. Il n’a vraiment pas l’air stressé. Frisky, quant à lui, est hyper agité et n’attend que le moment de partir. Les mushers nous expliquent à quel point les chiens aiment tirer les traîneaux. C’est leur travail, mais c’est avant tout un plaisir pour eux d’être en action.

Les fameuses cabanes en bois rond

La préparation des traîneaux et des chiens prend une bonne heure. Ça nous permet de nous familiariser avec les chiens et le fonctionnement des traîneaux. Le départ est surréaliste. Les jeunes sont en équipe de deux et s’occupent de leur propre traîneau. Les mushers sont distribués ici et là entre les traîneaux des jeunes pour assurer la sécurité. David ferme la marche avec une motoneige, mais on ne le voit que de très loin parce qu’il ne veut pas déranger la quiétude des traineaux à chiens. C’est étonnant à quel point ils ne font pas de bruit. Les patins glissent sur la neige et nous donnent l’étrange impression de voler au-dessus de la glace. Les paysages défilent devant nous. Les traîneaux se suivent l’un derrière l’autre. Les chiens suivent fidèlement le premier traîneau ou du moins, l’odeur de celui-ci. Ils avancent avec une assurance déconcertante comme s’ils étaient déjà venus sur ces lacs. La conduite est fantastique et beaucoup plus simple que j’aurais pensé. Quelle chance inouïe pour les jeunes d’être ici et de vivre ce doux contact avec la nature. Ils délaissent peu à peu leur carapace et s’ouvrent tranquillement. Après presque 20 kilomètres à travers lacs et montagnes, nous apercevons les refuges en bois rond qui nous procurerons chaleur et quiétude pour la nuit. Ils ont été construits au début du siècle, mais le poids des années n’a pas eu trop d’emprise sur leur solidité. La fumée s’échappe des cheminées et nous fait déjà miroiter un repas des plus succulent. Arrivés au campement, les jeunes prennent le temps de se réchauffer et nous aident dans les besaces de routine. On prépare un petit nid douillet pour les chiens les plus frileux (un petit lit de sapinage installé avec soin). Il faut tout de même qu’elles dorment bien ces belles bêtes car c’est notre moyen de locomotion pour toute la durée de l’expédition. Le soir venu, c’est la fatigue qui s’installe sur nos petites pommettes rougeâtres. Ce sera notre première vraie nuit de coureur des bois. La fierté anime nos aventuriers. La peur et l’ennui ne semblent pas être trop lourds pour les jeunes. Ils sont ensemble et ça les rend forts. Ils semblent bien dans leur nouvelle routine. Lorsque j’ouvre la porte du poêle pour chauffer le camp durant la nuit, je regarde dormir nos bons copains. Quel beau bonheur d’être ici.

28 février


La troupe se réveille tout tranquillement. Une journée assez chargée nous attend tout de même. J’hésite à tirer les rideaux parce que j’ai peur qu’il fasse la même température qu’hier lorsqu’on est arrivés. Je me risque enfin, mais j’ai à peine touché le rideau qu’un jeune s’écrie « Il fait Soleil! ». Le soulagement est complet. L’aventure est très belle même lorsqu’il fait moins beau, mais je crois que tous et chacun ont une petite préférence pour les journées ensoleillées. En approchant de la salle à manger, on devine déjà le déjeuner qui nous attend. Au menu, œuf, bacon fumé, céréales, toast, bref, il y a de tout, même pour les plus difficiles. La plupart sont encore tout endormis et réalisent à peine l’endroit de rêve où nous sommes. Par la fenêtre, on peut apercevoir le lac qui dort tranquillement sous la glace entouré par un bataillon de conifères qui montent la garde pour passer le temps. La vue est tout simplement sublime. La cuisine juste à côté fourmille tant nos hôtes s’activent à régler la journée. Ils vont profiter du beau temps pour taper les sentiers de chien de traîneau. Les jeunes ne s’apercevront pas de grand-chose, mais il y a un travail colossal qui est fait pour organiser notre périple. Il faut dire que le territoire est immensément grand et notre expédition s’étale sur cinq longues journées. Pour l’heure, il faut s’activer parce que « Qui dit grands aventuriers, dits grande préparation ». Nous avons un tas de matériel et de consignes à donner à l’équipe et pour que l’avant-midi soit complet, il faut quand même se garder du temps pour aller se faire bronzer la couenne un peu.
L’épreuve des consignes commencent. Nous traduisons au fur et à mesure dans les deux langues et chacun des francophones et des anglophones profites du moment pour rafraîchir leur langue seconde. C’est beau à voir. Scott et Mathieu se débrouillent fort heureusement dans les deux langues et deviennent rapidement des intermédiaires entre les jeunes. Simon quant à lui s’avère être notre clown en devenir. Il semble être très à l’aise dans tout cet inconnu. Vous savez, faire une expédition du genre requiert beaucoup de matériel (vêtements, accessoires, nourriture). En bon mannequin que nous sommes, Jeff et moi-même faisons la démonstration des vêtements à porter et comment bien les utiliser. Ça vire en cirque notre truc, mais nos clowneries semblent avoir tout de même donné l’information pertinente à l’équipe. Il n’y a pas que le blabla bien sur. Après maintes explications, on commence à en perdre quelques-uns, alors il faut réactiver tout ce beau monde. On va donc aller se dégourdir le popotin. Dehors, c’est le réconfort le plus naturel qui soit. Une brise fraîche pour nous éviter qu’on reste sur place trop longtemps, un soleil éclatant pour faire briller la neige tout autour, des odeurs de grands espaces qui nous rappellent qu’on est très loin de la ville et des sons aussi subtils qu’apaisant qui s’entrecroisent dans l’harmonie la plus totale. Après quelques jeux à courir à gauche et à droite, la gang se dégêne de plus en plus. On sent déjà la proximité qui s’installe et ce n’est qu’un début rassurez-vous. À un certain moment donné, on fait le grand saut et on choisit de faire un jeu de confiance assez audacieux. Une personne se laisse tomber sur le dos (à partir d’un petit balcon) et tout le reste de l’équipe l’attrape. On croirait tomber dans un nuage ou dans du jello (ça dépend des jeunes ). Karolane nous confie sa peur des hauteurs, mais prend son courage à deux mains et s’élance les yeux fermés dans le vide. Tous la rattrapent et son sourire témoigne à lui seul, de l’immense fierté d’avoir surmonté sa peur. On a devant nous, des jeunes battants qui ont du cœur au ventre et c’est très inspirant. Je me demande s’ils savent à quel point ils sont génial?
La journée décide de nous jouer un tour et passe à une vitesse folle. Dans le temps de le dire, nous sommes rentrés de faire de la raquette et on fait la surprise de voir que l’après-midi est déjà bien entamé. Chacun y va d’un petit moment pour lui. Mélanie se laisse aller à l’écriture tandis que Courtney plonge littéralement dans un livre, les gars jouent aux cartes ou aux échecs et Danika quant à elle, jase avec Héléna. On prend du bon temps comme on dit.
Il fait noir et les étoiles décorent le ciel au-dessus de nos têtes. L’horizon se fond en plusieurs teintes ombragées d’où l’on peut reconnaître la cime des grandes épinettes. Il y a un silence étrangement cacophonique comme si le sol sous nos pieds nous murmurait quelque chose qui s’en vient au loin. On est sortis sous la lune et on se tient là quant tout à coup arrive la meute de chiens tel des fantômes dans la nuit. Ils sont des dizaines et des dizaines et plusieurs traîneaux glissent derrière eux. Pourtant, on croirait entendre que les vieux mugissements du vent. C’est un spectacle incroyable qui démontre avec force la beauté de la nature et son incroyable réconfort. Nous accueillons chacun de ses chiens avec empressement. Ils sont le renfort que l’on attendait. Chacun de ses Husky a un nom, parfois drôle et d’autres fois plus mystique. On ne s’attarde pas trop car le souper est servit et les chiens doivent se reposer. Nous irons faire connaissance davantage demain. De toute façon, il faut bien se reposer car demain est le grand jour du départ. Les yeux encore remplis d’images nous prenons place au salon juste avant le coucher. On fait un retour sur notre journée. C’est notre première rencontre de groupe. Chacun est invité à parler de ce qui l’a amené à vivre cette expérience et une peur qu’ils ont envers le voyage. Le moment est chargé en émotion, mais très positif. Après seulement deux jours, je peux voir devant mes yeux une équipe lié plus profondément que bien des amitiés. Les jeunes sont d’une authenticité qui m’enlève les mots, mais je peux vous dire seulement une chose, ils ont tous choisit l’aventure parce qu’il voulait aller au bout d’eux-mêmes et déjà, ils nous ont montré qu’ils avaient tous un courage incroyable et la force de nous avouer leurs peurs sans pour autant se sentir faible. Les expéditions sont toujours le reflet de ceux qui la vivent. Dans le cas qui nous concerne, je crois que ça va tout simplement être magique.

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Hier soir, 26 février

27 février train jeunes
Héléna, Jean-François et moi-même sommes debout à attendre les jeunes qui devraient arriver d’une minute à l’autre. Ils viennent de Calgary, du Nouveau-Brunswick, de l’Ontario et de la Nouvelle-Écosse. Ils sont beaux comme tout parce que premièrement très courageux d’embarquer dans une aventure comme celle-là et surtout de prendre l’avion, seul, surement pour la premièrement fois de leur vie. Mathieu est le premier à arriver, il nous tend un petit sourire gêné et nous salut avec un accent bien senti du Nouveau-Brunswick. Wow! À peine quelques minutes passés en sa compagnie et on a l’enveloppante impression d’être dans les maritimes. C’est ça la beauté des rencontres. On sent déjà qu’on va s’amuser et on n’a même pas quitté l’aéroport encore. Les filles arrivent peu de temps après. Elles ont elles aussi cette petite nervosité qui habille si bien ces grands moments. Qu’à cela ne tienne, c’est un bonheur de se voir la binette. Un peu de blabla et bien des rires plus tard, nous étions en route pour l’auberge de jeunesse du centre-ville de Montréal. Et nous voilà partis! …
27 février au matin
Le soleil de la jungle Montréalaise nous tire du lit aux petites heures sans trop se sentir coupable. La grande ville bat déjà son plein et on se retrouve plus vite qu’on ne l’aurait cru entrain de marcher vers la gare de train. Le groupe prend forme tranquillement. Scott, un jeune participant de Montréal nous parle de sa ville, du Centre Bell et des nouvelles entourant l’équipe du Canadien de Montréal. Arrivés à la gare, nous prenons contact avec le reste des participants. La rencontre se passe plus que bien. Tous ont hâte de prendre le chemin du Triton, notre fameuse destination pour l’expédition. Puis, il y a les salutations de coutumes et on est déjà en marche. Le coup d’œil en vaut le détour. Devant moi marchent ceux qui composent l’équipe de jeunes du «Triton 2009». Ils viennent d’un peu partout et semblent assez différent, mais l’aventure les a réunis tous ensemble sans se poser de question. Un après l’autre, ils embarquent dans le train suivit de la montagne de bagages qui ne demande qu’à suivre. Comme un long ronflement de métal, le train prend ses premières inspirations et avance droit devant.
27 février Mathieu en train
À l’intérieur du wagon, la scène est parfaite. Mathieu nous épate avec des tours de magie. Mélanie quant à elle se dépêche à écrire dans son petit livre les premiers instants de son périple comme pour ne rien manquer. Mickael prend ses aises et est déjà entrain de jouer à roche-papier-ciseau. Franchement, je crois que c’est ça que l’on peut appeler le bonheur. Toute en simplicité, notre journée avance. Parfois dans le rire et le mouvement et d’autres fois dans le calme et la réflexion. Une guitare fait partit des bagages. On peut déjà deviner qu’elle ne restera pas longtemps inactive.
27 fév. Le premier repas au Triton
L’accueil du Triton se fait sous la pluie près d’un ancien poste de gare. Le très optimiste Jean-François nous convainc assez vite que ce n’est que du soleil liquide. De toute façon, on est habillé pour affronter de bien plus grandes tempêtes. Le sourire des troupes suffit à mettre la pluie en veilleuse et une musique de film semble accompagner notre bonne humeur. Une fois rendu au chalet tant attendu, nos aventuriers partent se mettre au chaud et profitent du réconfort de ce palais de bois. L’équipe qui nous accueille est charmante comme tout. La nourriture est un délice total et l’ambiance a de quoi rappeler les festins dans Astérix. On apprend après le repas que la tourtière était faite avec de la viande d’ours, d’orignal, de chevreuil et de lièvre. En tout cas, l’aventure promet d’être grandiose. Pour l’heure, on se laisse bercer par le rythme du vent qui souffle dehors dans les gigantesques épinettes. Plus j’y repense et, à voir tout ces sourires, je pense vraiment que ça ressemble à ça le bonheur. La journée ayant été assez chargée, le sommeil a eu rapidement le dessus sur l’équipe toute entière. Je n’aurais pas pensé que c’était si bon « l’aventure ». Heureusement, demain nous attend tout gentiment.

Et c’est un départ du 27 février au 7 mars!

On est bien attentif à notre petit cours d'apprenti mushers...
Pour sa première expédition en 2009, la Fondation Sur la pointe des pieds voit grand, aussi grand que les vastes espaces du territoire du Triton en Haute-Mauricie! La rencontre préparatoire faite, le ton est maintenant donné par les participants et l’équipe d’accompagnateurs. Pas de doute possible, cette expédition se fera sous le signe de la bonne humeur et de l’aventure!
Voici nos huit aventuriers :

Courtney Cunningham de l’Ontario
Danika Puhlmann de l’Alberta
Karollane Daraîche du Québec
Mathieu Lacombe Nadeau du Nouveau-Brunswick
Melanie Novelli du Nouveau-Brunswick
Michaël Brouillard du Québec
Scott Randall du Québec
Simon Langevin du Québec

Ceux-ci seront accompagnés par l’équipe de la Fondation Sur la pointe des pieds :
Héléna Longpré, directrice des opérations de la Fondation Sur la pointe des pieds,
Jean-François Dubé, adjoint aux opérations de la Fondation Sur la pointe des pieds;
Étienne Beaumont, guide et blogueur pour la Fondation Sur la pointe des pied;
Nancy Cloutier, infirmière;
Nicolas Tremblay, médecin;
L’équipe d’Excursions Triton
L’équipe d’Aventure Inukshuk en traîneau à chiens

L’environnement naturel, la grandeur des paysages et la splendeur des lacs gelés font partie des grandes richesses du Québec.
Sur le territoire du Triton de la forêt haute-mauricienne, nous découvrirons ensemble l’univers du traîneau à chiens. Durant cinq jours, nous côtoierons les chiens dont nous aurons la responsabilité. Chaque soir, après avoir parcouru environ 40 kilomètres, nous nous réchaufferons autour d’un feu où nous partagerons le repas. Nous aurons la chance de dormir dans un chalet de trappeur et nous vivrons même quelques nuits bien au chaud sous la tente arctique!
Cette expédition sera aussi la chance de nous familiariser avec la raquette et le mode de vie de nos ancêtres. Feu de camp, grand air et sentiers enneigés seront assurément au rendez-vous!
Suivez nos aventures au quotidien grâce au blogue de la Fondation Sur la pointe des pieds! Et surtout, n’hésitez pas à nous envoyer vos bons mots!

Le retour – Aux Îles Mingan nous retournerons

MERCI Mireille et Pierre, s'était une journée formidable

Samedi matin, Marie-Josée nous attendait chez elle pour le petit déjeuner. C’est un festin de roi qui nous attendait sur une magnifique table qu’elle avait préparée. C’est donc dans la joie que nous avons une fois de plus partagé le repas.
Une surprise attendait nos aventuriers pour la dernière journée au Havre. Les amis de Marie-Josée, Pierre et Mireille, nous ont généreusement accueillis sur leur catamaran le temps d’une sortie en mer. Nous sommes passés devant l’Îles du Havre où nous avions dormis les deux premières nuits et avons ensuite pris le large question d’explorer le territoire encore un peu plus loin. Le vent dans les voiles, allongés dans les filets, cette promenade s’est avéré être un savoureux moment de détente.

Repos bien mérité!

Pour la dernière soirée, Jeff et Héléna ont prévu une rencontre autour du feu. Comme à la mi-temps de l’expédition, tout le monde était invité à choisir un mot qui illustre son expérience vécu tout au long de l’expédition. Ce moment de partage et d’échange est précieux. La générosité de chacun nous apporte un sentiment de bien être exceptionnel et nous rempli d’énergie. Ces mots illustrent pour chacun ce que cette expérience leur a apporté. Vous ne serez pas surpris d’apprendre que j’ai choisi le mot «paradis»… Pour la beauté du paysage et la richesse des lieux certes mais surtout parce que le temps s’est arrêté, parce que j’ai rencontré des personnes exceptionnelles, parce que j’ai vécu une expérience unique et pour les nombreux petits plaisirs qui m’ont rappelé l’essentiel de la Vie. Pendant ces onze jours nous avons vécu le «moment présent», à l’abri de la réalité du quotidien. Ce petit coin de paradis, nous y retournerons tous. Dans les moments difficiles pour y puiser la force et l’inspiration et simplement pour plaisir de revoir ces beaux sourires.
Nous sommes revenus dimanche le cœur un peu serré mais surtout heureux! Malgré les distances nous formons désormais un groupe unis. Merci à tous!

Au revoir la Minganie... À bientôt!

C’est le moment de vous dire au revoir. Je tiens à vous remercier chaleureusement de nous avoir accompagnés tout au long de notre expédition et j’espère que vous serez des nôtres lors de la prochaine expédition…

Toutes les photos : http://www.flickr.com/photos/pointedespieds/

22 août – Retour la civilisation

Sur la pointe des pieds

C’est le dernier matin de la partie expédition de notre fabuleuse épopée de huit jours en plein cœur de l’Archipel-de-Mingan et on entend les loups-marins chanter au loin. Le soleil rayonne dans le ciel et la mer est particulièrement calme. Nous entrerons au Havre paisiblement. Tout le monde est un peu au ralenti, notre corps doit sentir la fin de l’expédition… Difficile de quitter le paradis!

Les kayaks sont tous regroupés. On pagaie tranquillement pour profiter des derniers moments sur l’eau. Les couleurs exceptionnelles, le léger vent de la mer et les oiseaux tous aussi magnifiques que différents nous accompagnent. On prend une dernière petite pause sur l’Île du Havre, notre île d’accueil.

Arrivée au Havre

On approche de plus en plus du Havre. Ça sent la fin de l’aventure. On rassemble tous les kayaks en «radeau» et tout le monde se tient la par la main. Héléna propose de profiter des derniers moments pour se rappeler les meilleurs moments, enregistrer les paysages dans notre tête et s’imprégner de l’aventure que nous venons de vivre. Tout le monde applaudi, nous sommes heureux et remplis de cette expérience unique. Tous ensembles nous avons relevé le défi de cette grande virée de huit jours en autonomie complète et tout ça avec le sourire! Bravo la gang, vous êtes des héros et vous avez désormais tous une place dans mon cœur.

On passe le quai du Havre, ça y est, on donne nos derniers coups de pagaie. Sylvie et quelques employés de l’hôpital sont là pour nous accueillir. Ils nous félicitent. Ils connaissent l’ampleur de ce que nous venons d’accomplir. La frénésie nous envahie tous. Avant de tout rapporter chez Agaguk, on se fait un dernier petit cri de ralliement!

SUR! LA! POINTE! DES! PIEDS!

Après une bonne douche bien méritée, on retourne à l’auberge où nous passerons les deux prochaines nuits. On fait sécher se qui est mouillé, c’est-à-dire, à peu près tout. Éric nous a préparé un succulent couscous que nous dégustons tous ensemble, attablés à la table de l’auberge, où il y a de cela huit jours nous avons pris notre petit déjeuner avant le départ pour l’expédition.

On déguste le couscous d'Éric à l

On sort enfin la guitare. Tout le monde chante avec Jeff sur le bord de l’eau. Les deux prochains jours serviront de moment de «décompressions» avant le retour à la réalité. On se prépare à se séparer mais nous profiterons de chaque secondes.

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21 août – On aura tout vu!

Nathane et Brendan s'entendent èa merveille

Pendant ces huit jours d’expédition, on aura tout vu : la pluie et le beau temps, marré haute et marré basse, vent d’est et vent d’ouest! Aujourd’hui, c’est un vent dans le dos qui nous poussera jusqu’à notre dernier campement. Ça tombe particulièrement bien puisqu’on commence à rebrousser chemin, la partie expédition de notre aventure tire à sa fin et nous avons une longue distance à parcourir, presque vingt kilomètres. Sans refaire le trajet inverse des derniers jours, nous allons quand même passer devant toutes les îles sur lesquelles nous avons dormis pour enfin nous rendre à la Pointe aux morts, de retour sur la terre ferme.

C’est une expérience extraordinaire de se laisser pousser par le vent. En pagayant nous avançons à tout allure, la sensation fantastique. C’est le cas de le dire, on flotte! Tout le monde est à l’aise malgré la grosseur des vagues. Pour vous donner une petite idée, il nous arrive de perdre de vu le kayak devant nous l’espace d’un moment, le temps qu’il remonte sur la prochaine vague. Les kayaks tandem permettent de naviguer dans de telles conditions et les jeunes en profitent. Ils ont chanté tous les jours mais aujourd’hui il y a une énergie particulière, le vent de la mer probablement!

Paul, Brendan, Marie-Josée

Arrivés à bon port tout le monde s’affaire. C’est devenu une routine, le campement est monté à la vitesse de l’éclair, plus besoin de rien dire à personne, ou à peu près! On mange les meilleurs hot-dogs et hamburgers du monde, autant que vous le sachiez, tout est toujours meilleur en plein air. Le vent est tombé et nous laisse passer une dernière belle soirée autour du feu. Sans que personne en ait parlé, tout le monde sait que c’est la dernière soirée en vase clos, coupés de la civilisation. Un brin de nostalgie nous envahie tous mais je crois aussi que tout le monde sait que ces souvenirs seront gravés dans notre mémoire pour toujours.

Aujourd’hui s’était une superbe journée.Comme notre belle Alex-Ann nous le fait remarquer «c’était comme à la Ronde dans les montagnes-russes sans les files d’attente».

Alex-Ann en mer!

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